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Les origines du jardin des Plantes

Quand : janvier 1626

Une allée | Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA
Jardin Louis XIII Jardins des Plantes

Zoom sur le Jardin royal des plantes médicinales, fondé sous Louis XIII, l'ancêtre du Jardin des Plantes !

Une abbaye, des marécages...

Le jardin actuel occupe l’emplacement de l’ancien bourg Saint-Victor, du nom de la célèbre abbaye qui se trouvait entre les actuelles rues Linné et Cuvier.

Et en bordure de Seine, en dehors du rempart médiéval de Philippe Auguste, on trouvait quoi ?? Des champs et des marécages tout crados.

Paaarfait, se dit Louis XIII. Parfait pour aménager un jardin des Plantes !

Hé, Montpellier avait le sien depuis 1596. Il en fallait un à Paris, tout de même !

On achète donc un terrain de 24 arpents (82 000 m2) pour 67 000 livres (très cher, pour l’époque), « ayant deux entrées sur la grande rue du faubourg, consistant en plusieurs corps de logis, cours, pressoirs, jardins, bois et buttes plantés en vignes, cyprès, arbres fruitiers et autres, le tout clos de murs. »


Jardin Royal des Plantes Médicinales, 1660

Jardin Royal des Plantes Médicinales, 1660 | ©Paris Musées - Musée Carnavalet / CC0

Houël l'apothicaire

Ce qui est amusant, c’est que déjà, quelques décennies avant, l’apothicaire Nicolas Houël donnait des cours d’herboristerie sur cette terre, en bordure de Seine.

On lit dans Dictionnaire des sciences médicales (1818) qu’il avait eu l’autorisation du roi, en 1576, de fonder ici une maison de charité.

Pour quoi faire ? Donner un toit aux orphelins, tout en leur apprenant l’art de l’apothicairerie.

Là où on préparerait les médicaments fournis gratis aux plus pauvres.

Les médecins du roi

Bref ! Revenons aux plantes de Louis XIII.

La fondation du jardin date de janvier 1626, faite par Jean Héroard et Guy de La Brosse, respectivement premier médecin et médecin ordinaire du roi.

Le premier, Héroard, c’est celui qui consigne les moindres faits et gestes de Louis dans son célèbre Journal, depuis qu’il est tout petiot...

La Brosse se fait nommer premier intendant du « Jardin royal des herbes médicinales ».

Des plantes très utiles « pour servir à l’instruction des écoliers de l’Université de Médecine », dit l’édit de 1626.

Un catalogue de 1641 dit qu’il réunit 2360 plantes !

Tout un catalogue !

Puis, nouvel édit en 1635.

Celui-ci raconte que comme on n’apprend pas à utiliser les herbes en école de médecine, il faudrait 3 docteurs pour « travailler à la composition de toutes sortes de drogues, par voie simple et chimique. »

La Brosse avait aussi publié un bouquin : « Description du jardin royal des plantes médicinales établi à Paris par le roi Louis le Juste, contenant le catalogue des plantes qui y sont cultivées. »

Un énorme livre avec les dessins de toutes les plantes du jardin, gravés sur plus de 400 planches de cuivre.

Il ne reste aujourd’hui que 50 planches, que le successeur de La Brosse, Fagon, sauve des mains d’un chaudronnier à qui on avait vendu ça au poids...

Puis, grâce au soutien de Colbert, notamment, des chaires de botanique et d’histoire naturelle voient le jour.

Mais ça, c’est une autre histoire…

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !