Saint-Geniez-ô-Merle : la légende du Merle, le repaire du voleur

De 1000 à 1390

Les toursLes tours | ©Père Igor / CC-BY-SA

Des tours à foison

Des tours imprenables sur un rocher escarpé de 200 m de long surplombant la Maronne de 30 m, voilà l'incroyable citadelle de Merle, un des fleurons du tourisme auvergnat.

Pour accéder au site, un escalier sculpté à même la roche !

7 bâtiments se dressent encore, dont la chapelle castrale, le donjon de Fulcon de Merle (12e siècle), les tours de Ganhac (12e et 14e siècles)...

On a là un imposant ensemble de tours de toutes les tailles, toutes les formes, construites au gré des siècles par les différents seigneurs : les sires de Vayrac au 12e siècle, Fulcon de Merle au 13e siècle, Hugues de Merle au 14e siècle, les Carbonnières, les Pesteils...

La citadelle vit aujourd'hui au rythme des travaux de restauration, mais accueille aussi les visiteurs : on découvre son jardin des plantes médiévales avec, au bord de l'eau, le vestige de son moulin du 14e siècle, la ferme qui abrite un petit musée sur la vie paysanne au Moyen Âge, et bien sûr, les puissantes tours de Merle...

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Un merle a sifflé, un ours approche

Merle et ses gars

On dit que vers l'an 1000, le chef d'une bande de voleurs qui sévissaient dans les environs s'installe avec ses compagnons sur le rocher escarpé, où plus tard sera construite la citadelle.

Lui, c'est un fier gaillard à la trentaine bien entamée.

Ses gars le surnomment Merle, parce que, comme le petit volatile, il siffle très bien...

Il avait pris pour épouse la belle Éléonore, la fille d'un seigneur du coin, avec qui il a un enfant.

La prophétie de la gitane

Un soir qu'ils passent du bon temps tous ensemble, tranquillement, lui à siroter un verre au coin du feu et elle à jouer avec le petit, une vieille femme se présente chez eux.

Une femme avec une allure étrange... Une gitane !

Elle prédit à Éléonore que leur fils serait plus tard un grand seigneur, et elle lui donne un collier pourvu d'une grosse griffe d'ours.

Avant de disparaître dans la nuit noire...

Mais la vieille folle avait raison !

Plusieurs années plus tard, le rejeton de Merle et d’Éléonore devient l’invincible Hugues de Merle, qui portait toujours autour de son cou un mystérieux collier à griffe d'ours... et d'où, dit-on, il puisait toute sa force.

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Les folies de Mérigot

Repaire de voleurs de grands chemins, Merle a aussi été fréquenté par le tristement célèbre Mérigot Marchès, routier de son état : il se cassera pourtant les dents sur la forteresse, en 1380...

Hé oui, Merle reste imprenable !

Mérigot combat d'abord dans l'armée anglaise, pour le compte d’Édouard, le Prince Noir. Vers 1360, le voilà qui se met à son compte.

Une carrière de truand s'offre à lui !

Avec une troupe de types aussi patibulaires que lui, il se met à rançonner les gens, assiéger les châteaux, piller et brûler le pays entier...

En 1390, le roi Charles VI, que frappe parfois des éclairs de lucidité au milieu de sa folie, envoie une armée se saisir du rustre.

Direction Paris : le sieur sera écartelé... fin de sa carrière !

Sources

  • Collectif. A la découverte de la France mystérieuse. Reader's Digest, 2012.
  • Site officiel des tours de Merle, toursdemerle.fr.