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Plongée dans les boutiques du passage des Panoramas au XIXe siècle

Passage des Panoramas, vers 1810 | ©Paris Musées - Musée Carnavalet / CC0
Rue Quartier Passage des Panoramas

Le passage des Panoramas se compose de 2 parties : la galerie qui part du boulevard Montmartre, la plus ancienne (1799).

Ensuite, la galerie qui coupe la première, ajoutée en 1834.

Le succès du passage est immédiat : ses nombreuses boutiques, la proximité du boulevard Montmartre, très fréquenté au milieu du XIXe s…

Et si on évoquait les boutiques du passage telles qu'elles étaient au XIXe siècle ?...

N.B. : Les détails viennent du livre Le provincial à Paris, esquisses des mœurs parisiennes (vol. 1) de Louis-Gabriel Montigny.


Passage des Panoramas, vers 1810

Passage des Panoramas, vers 1810 | ©Paris Musées - Musée Carnavalet / CC0

Café, chocolats... babas !

Commençons avec le café Véron, à l’angle du boulevard Montmartre, où « avant et après l’heure de la bourse, un grand nombre de courtiers garnissent les tables. »

Vient Marquis le chocolatier :

« Beau magasin de thés, où le chocolat subit tant de métamorphoses. Puis respirons l’odeur des truffes, doux parfum ministériel qui s’exhale de l’intéressante boutique de ce marchand de comestibles. »


Le pâtissier Félix, lui, réalise des babas... au citron ! Anglaises et Anglais se les arrachent.

Voilà le magasin de bonbons A la duchesse de Courlande :

« Les plus beaux fruits charment la vue. On remarque avec surprise sous la même cloche de verre des groseilles, des pêches, des cerises et des raisins. Le sucre y affecte toutes les formes et s’embellit des couleurs les plus vives. »

La mode

On trouve les « chapeaux de paille de Mme Lapostole », modiste spécialisée.

La Chaumière allemande, « où l’on vend à la fois des modes et de la parfumerie ».

On a un bottier, un coiffeur, un tailleur, où « on peut sortir brillant de chez ces messieurs, pourvu toutefois qu'on en soit pas sans argent » !

Plusieurs gantiers, dont un à l'enseigne du Ci-devant Jeune Homme, un autre de La Lampe merveilleuse...


Affiche pour les cours de boxe de Lacour

Affiche pour les cours de boxe de Lacour | ©Paris Musées - Musée Carnavalet / CC0

Un peu de sport ?

Voilà la « salle du professeur Lacour », qui enseigne la boxe !

C'est ce Charles Lacour qui pose les toutes premières règles de la savate, boxe française qui se pratique avec poings... et pieds.

Papeteries et livres

Plus loin, le papetier chic Susse vend « des écrans mécaniques, de jolis souvenirs, des coffres, des écritoires, des pupitres à secrets, des boîtes pour les cartes de visite. »

Puis, les libraires Cahen et Fontaine...


Un décrotteur, passage des Panoramas, vers 1810

Un décrotteur, passage des Panoramas, vers 1810 | ©Paris Musées - Musée Carnavalet / CC0

Les décrotteurs

Vient la boutique à l’enseigne des Trois Frères Décrotteurs, où, écrit Frédéric Soulié en 1858, il faut « entrer dans le passage et se faire décrotter, puis quand on est luisant et brossé, on peut reprendre sa course » !

Un décrotteur ? L'ancêtre du cireur de chaussures !

Un métier apparu au XVIIIe siècle, à l’époque où le macadam n'a pas encore envahi les rues, et où les bas blancs de ces messieurs se salissent très vite...

Tentures et moka

« Après Marquis viennent une lingère, puis un marchand de papiers peints. Admirons ses belles tentures et ses devants de cheminées représentant des sujets d’histoire ou des faits d’armes de nos guerriers ».

Oh, mais, allons jeter un œil au magasin des cafetières Morize, grâce auxquelles « on peut préparer le délicieux moka sans qu’il perde de son divin arôme ».

Il s'agit de la cafetière napolitaine, inventée par le ferblantier français Morize, en 1819 !

Le graveur Stern

Ne pas oublier la boutique du graveur Stern, avec son décor d'origine, inchangé depuis 1837...

La célèbre maison a quitté le passage en 2008.

La boutique avait gravé les cartes de visite et les cartons d’invitation de tout le gratin du Second Empire...

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !