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Petite histoire du phare de Cordouan en 9 anecdotes

Le phare | Yann Gwilhoù / CC-BY-SA
Phare Phare de Cordouan

1 - Un estuaire, un rocher érodé

Le phare de Cordouan se situe à l'embouchure de l'estuaire de la Gironde, sur l'océan Atlantique.

Un estuaire formé par la confluence de la Garonne et de la Dordogne...

Le phare se trouve à 7 kilomètres en mer, mais ça n'a pas toujours été le cas : la première tour à feu, construite par les Anglais (voir le point n° 6) au XIVe s, avait été élevée avec un village et une chapelle autour !

Car à l'époque, Cordouan était posé sur une île d'une taille assez importante : un rocher qui s'est érodé au fil des siècles...

Aujourd'hui submergé, il est uniquement visible à marée basse.

2 - Deux records !

Surnommé le Versailles de la mer, Cordouan est le plus ancien phare de France habité par des gardiens et encore en activité.

C’est aussi le 3e plus haut phare de France derrière celui de l’île Vierge à Plouguerneau (29) et celui de Gatteville (50) sur la pointe de Barfleur.


Vue depuis le phare

Vue depuis le phare | ©AYE R / CC-BY-SA

3 - Des chiffres !

La construction du phare de Cordouan a nécessité une base de 2 000 pilotis et la mobilisation de 200 ouvriers !

Les travaux durent 25 ans et mobilisent 80 ouvriers, 7 chevaux, 6 bateaux et 27 marins...

Quid du phare ? Il mesure 67,50 mètres, et 301 marches mènent à son sommet.

4 - L'origine de Cordouan

Le nom Cordouan viendrait de la ville espagnole de Cordoue...

A cause de la légende qui raconte que le phare primitif aurait été construit par les Maures espagnols, au VIIIe s.

La légende dit aussi qu’il daterait de l’époque de Louis le Pieux et que son nom viendrait du cor, qu’on sonnait par temps de tempête.

5 - La classe !

Saviez-vous que ce phare a été le premier monument, avec la cathédrale Notre-Dame de Paris, à être classé monument historique, en 1862 ?


A l'intérieur du phare

A l'intérieur du phare | ©Selvejp / CC-BY-SA

6 - Une tour... anglaise

A l'origine du phare, on trouve une tour médiévale dite du Prince Noir, que l'architecte Louis de Foix remplace au XVIe s par l'édifice actuel.

Prince noir ? Sous ce mystérieux et ténébreux surnom se cache le roi Edouard, chef des Anglais qui occupe alors la Guyenne pendant la guerre de Cent Ans.

Il la fait construire en 1360, elle mesure 16 m.


Le phare

Le phare | ©Stéphane CHADOURNE / Pixabay

7 - Le phare actuel

Le phare actuel voit le jour sous le règne d'Henri III, en 1584.

Son architecte ? Louis de Foix, un des concepteurs du palais de l'Escurial à Madrid !

Achevé en 1610, il sert dès sa construction, de phare, bien sûr, mais aussi d'église, de forteresse et de demeure royale !

Hé oui, une des salles s'appelle même « appartement du roi »... même si aucun roi n’est jamais venu !


Le phare au XVIIe s

Le phare au XVIIe s | ©Austrian National Library (ÖNB) / Public domain

8 - A chaque étage...

On a en tout 6 étages, sans compter la lanterne au sommet !

Le vestibule, au rez-de-chaussée.

L’appartement royal au 1er, servant de cuisine aux gardiens.

Au 2e, la chapelle.

Au 3e la salle des Girondins : l’architecte Teulère fait surélever le phare de 20 m en 1786.

Au 4e, la salle du contrepoids, qui abritait jusqu’en 1987 le contrepoids servant à actionner la lanterne.

5e étage, la salle des lampes, pour stocker les matériaux nécessaires à l’éclairage.

Le dernier étage abrite la salle de veille où les gardiens surveillent la lanterne.

Des petits lits permettent le repos et les miroirs permettent de surveiller la lanterne depuis sa couche !


9 - Que la lumière soit !

Le site officiel du phare donne la composition des combustibles de la lanterne du phare, selon les époques : en 1611, bois, poix et goudron.

Un siècle après, charbon de terre.

En 1823, huile de colza puis gaz de pétrole et enfin aujourd’hui... lampe halogène !

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !