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Histoire en 5 anecdotes du palais au temps des rois de Majorque

Quand : 1276 - 1344

Le palais | ZohaStel / CC-BY-SA
Château Palais des Rois de Majorque

1 - Le royaume éphémère de Majorque

Perpignan au cœur du beau mais éphémère royaume de Majorque, qui comprend en fait Montpellier, la Cerdagne, le Roussillon et les îles Baléares...

Ephémère, oui, vraiment... il ne dure que de 1276 à 1344 !

C’est Jacques Ier d’Aragon qui le crée pour son fils cadet Jacques II, premier à être roi de Majorque, comte de Roussillon et seigneur de Montpellier.

La cité devient un grand centre commercial (pour les étoffes surtout), et l'une des villes les plus importantes d’Europe.

A l’aîné, Pierre, revient le comté de Barcelone et le royaume d’Aragon.

Sauf que les deux frères ne vont pas arrêter de se faire la guerre pour toutes ces belles terres.

Et puis, inexorablement, la fin de l'histoire arrive en 1344, avec l’Aragon qui annexe le royaume...


Jacques Ier d'Aragon

Jacques Ier d'Aragon | ©Ricardo Delgado / Public domain

2 - Le palais et ses influences mudéjares

Jacques II de Majorque charge l'architecte Raymond Pau de lui construire à Perpignan un magnifique palais digne de son rang, entre 1274 et 1285.

Sortent de terre quatre formidables bâtiments entourant une grande cour intérieure, faits de galets de rivière et de pierre de Baixas, pour les encadrements de fenêtres.

En 1295 commence la construction de la chapelle basse et la chapelle Sainte-Croix, achevées en 1309.

Les ouvriers appelés pour ce chantier colossal viennent de tous les horizons.

On trouve ainsi dans certaines parties du palais des influences de l’art mudéjar, du nom des musulmans vivant autrefois en terre chrétienne.

D’où les inscriptions en arabe, notamment dans la chapelle, où figure le nom d’Allah et la phrase « Il n’est de Dieu que Dieu » !


Chapelle Sainte-Croix

Chapelle Sainte-Croix | ©Doronenko / CC-BY-SA

3 - Les lionceaux des rois

A l'époque des rois de Majorque, on trouve un verger et de luxuriants jardins méditerranéens.

On creuse aussi des fossés tout autour du palais, pour que les bêtes sauvages de la ménagerie se promènent en liberté.

Oui ! Saviez-vous que les rois d’Aragon faisaient élever des lions, dans ces fossés ?

Les registres mentionnent une liste de personnes de la noblesse spécialement chargées de prendre soin des félins.

L'article Les jardins disparus du château royal de Perpignan, une visite virtuelle par les textes d'Aymat Catafau (2018) nous donne le nom des gardes des fauves, une certaine famille Domenech.

Les conseils sur l'alimentation et les soins des lionceaux « sont transmis par le garde des lions de Charles roi de France, qui n’est autre qu’un catalan, Guillem de Castello d’Empúries ».

Et on apprend aussi qu’une partie de l’herbe des jardins est réservée aux chèvres et autres moutons destinés à la nourriture des lions...


Façade extérieure du palais

Façade extérieure du palais | ©Fernandopascullo / CC-BY-SA

4 - La fuite par les égouts !

1285. Les armées de Pierre III d’Aragon assiègent Perpignan et son demi-frère Jacques Ier.

Il veut toutes les places-fortes du Roussillon !

Jacques halète dans son lit. Malade, couché sous ses draps, il trouve la force de convoquer son architecte.

Il veut s’enfuir et lui demande comment y arriver. L’architecte reste silencieux... il n’avait jamais pensé à ça !

Aussi, un peu embêté, il lui dit que la seule issue se trouve... dans les égouts, celles des latrines qui débouchent dans la campagne.

La chronique raconte :

« Le roi se montra plein de joie et s’étant vêtu d’un surcot d’étoffe de Narbonne en teinte sombre et doublé de vair, il s’engagea dans l’égout, précédé de son architecte et suivi de deux serviteurs. »


Jacques ressort du boyau complètement crotté et un peu moins enjoué, mais sain et sauf !

Il regagne son palais en 1295, après la signature d’un traité qui lui rendait ses terres…


Cour intérieure

Cour intérieure | ©Calips / CC-BY-SA

5 - Les lois palatines

Publiées en latin en 1337 par Jacques III, les Leges palatinae décrivent en détail tout ce qui touche à l’étiquette et le fonctionnement de la cour majorquine, à Perpignan.

Il s’agit de la première fois qu’on publie un tel texte.

On apprend par exemple que le palais compte alors 150 personnes issues de la noblesse, sous les ordres de 4 officiers.

Un exceptionnel manuscrit enluminé, conservé à la Bibliothèque royale de Belgique, à Bruxelles.

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !