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Petite histoire de Saint-Nicolas-des-Champs de Paris en 6 anecdotes

Quand : 1540 - 1701

Le portail Renaissance | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA
Eglise paroissiale Eglise Saint-Nicolas-des-Champs de Paris

1 - Le retable du XVIIe siècle

Alors, on a là, à Saint-Nicolas-des-Champs, un retable du XVIIe siècle : très rare, dans une église parisienne ! Rare, parce que préservé des saccages de la Révolution française…

On le doit à Simon Vouet. Aaah, un grand peintre baroque ! On connaît mieux Le Brun, dans le genre (la galerie des Glaces de Versailles, c'est lui).

Pourtant, Simon a été son maître ! Alors, sans Vouet, que nenni, point de Le Brun !

Le retable mesure 11 mètres de haut et occupe toute la largeur du chœur.

Il représente l’Assomption de la Vierge : Marie qui file au Ciel, au milieu de petits anges.

Deux anges, d’ailleurs, en stuc, encadrent le retable : on les doit au grand Jacques Sarrazin. Une autre pointure baroque !

De chaque côté du tableau central, les portraits des saints patrons de l'église par Robin, peintre du roi.

Le retable

Le retable | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

2 - Les peintures de Vouet

Ne manquez pas la fresque de Michel Corneille, au plafond de la chapelle dite de la Sainte-Famille.

Tiens, un élève de Simon Vouet, dont on vient de voir le retable !

Il s’agissait, à la base, de la chapelle du Saint Sépulcre.

Elle appartient en 1616 à Jean de Choisy, du château de Balleroy, en Normandie.

Détail

Détail de la fresque de Corneille | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

3 - Le portail Renaissance, un vestige des Tournelles

Le portail latéral sud est un petit chef-d’œuvre de la Renaissance (1576-1586) !

Il trouve son inspiration dans l’une des entrées de l’ancien palais royal des Tournelles.

Le palais démoli en 1559, après que le roi de France Henri II y ait trouvé la mort, lors d’un tournoi. C’est le célèbre Philibert Delorme qui en avait relevé le dessin.

Les niches de chaque côté du portail sont vides, c’est « normal » : elles abritaient les statues de saints Nicolas et Jean-Baptiste, disparues à la Révolution !

Pour la plaque de marbre noire, il s’agit de l’inscription originale apposée sur le palais des Tournelles, mentionnant sa création en 1576, sous le règne d’Henri III.

Détail du portail

Détail du portail | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

Détail du portail

Détail du portail | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

4 - Le cadran solaire

Le cadran solaire date de 1666.

Il porte l’inscription Sol Momenta – Nicolaus Mores – 1666, ce qui veut dire : « Le Soleil règle nos heures, saint Nicolas nos mœurs. »

En dessous du cadran, si vous vous demandez... il s’agit de l’ancien presbytère !

Le cadran solaire

Le cadran solaire | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

5 - D'incroyables et rares épitaphes

Ouvrez l’œil ! De nombreuses pierres tombales tapissent encore le sol bosselé de l’église.

Notamment plusieurs en marbre noir, qui portent les noms de grandes familles inhumées dans l’église, notamment au XVIIe siècle.

L’une d’elle, en marbre blanc, est remarquablement bien conservée : elle appartient à la dame Catherine Agnès Robert.

Il s’agit en tous cas de l’église parisienne qui conserve le plus grand nombre d’épitaphes anciennes !

Plus incroyable encore : les trappes d’accès aux sépultures sont encore visibles, devant chacune des chapelles latérales.

Dalle funéraire d'Agnès Robert

Dalle funéraire d'Agnès Robert | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

Ancien accès aux caveaux

Ancien accès aux sépultures | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

6 - Des inhumations célèbres !

De nombreuses célébrités ont été inhumées à Saint-Nicolas-des-Champs. Leurs sépultures ont malheureusement disparu...

Guillaume Budé

Grand humaniste prévôt des marchands de Paris, proche de Rabelais et Érasme.

Il meurt en août 1540 à l’âge de 73 ans, dans sa maison voisine de l’église Saint-Nicolas.

Il précise dans son testament cette phrase restée célèbre :

« Je veux être porté en terre de nuit et sans semonce, à une torche ou à deux seulement. »
Budé

Budé | ©Rijksmuseum / CC0

Louise de Budos

L’épouse du connétable Henri de Montmorency : elle a fait l’objet d’une anecdote, au château de Chantilly, à propos d’un mystérieux anneau, supposé ensorcelé !

La dame, morte à l’âge de 23 ans en septembre 1598, a ses obsèques célébrées dans l’église parisienne le 4 décembre de la même année.

Scudéry

Mme de Scudéry | ©Rijksmuseum / CC0

Madeleine de Scudéry

Morte le 2 juin 1701, à l’âge de 93 ans.

Cette célèbre femme de lettres, du mouvement des Précieuses, est inhumée le lendemain de sa mort dans l’église de la paroisse qu’elle fréquentait, et où elle habitait depuis 50 ans.

« Elle se fit lever et habiller, malgré un gros rhume mêlé de fièvre. Étant debout, elle se sentit défaillir et dit : "Il faut mourir." Elle demanda le crucifix et le baisa. Comme il était un peu lourd, on voulut lui ôter. Mais elle le reprit de sa main mourante, elle l’appuya sur sa poitrine et, pendant qu’on lui donnait la dernière absolution, elle expira doucement. »

Deux églises s’étaient disputées l’honneur de l’inhumer : Saint-Nicolas, sa paroisse, et l’hôpital des Enfants-Rouges, où elle aimait prier.

C’est le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, qui tranche, et choisit Saint-Nicolas !

Gassendi

Gassendi | ©Rijksmuseum / CC0

Pierre Gassendi

Le célèbre astronome meurt en octobre 1655, à l’âge de 63 ans, malade depuis novembre 1654 « d’une inflammation du poumon, et en grand danger de mourir dans la huitaine. »

Avant de rendre l’âme, il murmure cette ultime phrase, en prenant la main de son secrétaire : « Voilà ce que c’est que la vie de l’homme. »

Il est inhumé dans l’église Saint-Nicolas-des-Champs, qui était sa paroisse.

« Un grand concours de monde, des personnes de la première distinction et presque tous les savants qui étaient dans Paris, assistèrent à ses obsèques. L’église était remplie, et on n’y entendait que des gémissements. Les vieillards aussi attendris que les autres, convinrent qu’ils n’avaient jamais vu une consternation si générale. »

Sources

  • Jacques Hillairet. Connaissance du vieux Paris. Éditions Princesse, 1963.
  • Abbé Pascal. Notice sur la paroisse de Saint-Nicolas-des-Champs. 1841.
  • Bathery et Boutron. Mlle de Scudéry, sa vie et sa correspondance. 1873.
  • Félix Larrieu. Gui Pattin : sa vie, son œuvre, sa thérapeutique. 1889.
  • Alexandre Savérien. Histoire des philosophes modernes. 1761.

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !