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Petite histoire de l'abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle

L'abbatiale | BiiJii / CC-BY-SA
Abbaye Cistercien Abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle

La fondation

Celle qui tient son nom de aqua bella, « belles eaux » (à cause des petites rivières qui se rejoignent à cet endroit, et peut-être du cadre magnifique !) a été fondée en 1134 par des moines de l'ordre de Citeaux, menés par Othon de Frisingue, abbé de Morimond.

En 1137, le seigneur de Rochefort, Gontard Loup, donne des terres pour la construction de l'abbaye.

Ces terres s'appellent Derzas, à cause des broussailles et des épines qui se trouvaient alors là.

On est encore loin de notre aqua bella, dites donc !

Ca ne va pas tarder : les moines se mettent à endiguer les eaux de la Vence, à irriguer la sombre vallée pour en faire un coin fertile.

Et l'abbaye reçoit ainsi son nouveau nom, plus adéquate, d'Aiguebelle !

Une abbaye dans la tourmente

Celle-ci grandit très vite, s’enrichit, et peut même fonder sa propre abbaye : Notre-Dame-du-Frayssinet.

Mais commencent les malheurs : au XIVe siècle, la peste et la famine frappent la région.

Suivent les pillages dus aux routiers, appelés aussi Grandes Compagnies pendant la guerre de Cent-Ans.

Des inondations frappent aussi la petite vallée. En 1441, l'abbaye est réduite à une douzaine de moines !

En 1549, après l'instauration de la commende et l'apparition de nouvelles épidémies, le nombre de moines tombe à 5.

Suivent les guerres de Religion : en 1562, le baron des Adrets mène les protestants, semant le chaos dans la région.

Ils saccagent Valréas, Pierrelatte, puis se dirigent vers Aiguebelle.

Là, ils n'épargnent pas l'abbaye. Les tombeaux profanés, le cloître détruit, un brasier allumé, les toits enlevés...

Heureusement que nos moines pendant ce temps avaient trouvé refuge plus loin, au calme ! Ils peuvent enfin revenir en 1588. Mais tout est en ruine...

La Révolution entraîne la dispersion des moines dès 1790.

Des pillards saccagent l'abbaye mais en 1810, un certain Jean-Joseph Petit achète l'église, les restes des bâtiments conventuels, et les terres alentours.

Il le revend ensuite en plusieurs parcelles.

De nombreux propriétaires se succèdent jusqu'à ce que des moines cisterciens reprennent enfin possession des lieux.

8 religieux commencent la restauration des 35 ha de terre, bois et prairies.

Au milieu du XIXe siècle, on compte près de 300 moines !

C'est reparti... on se met à produire des objets en osier, puis des draps, puis une chocolaterie se met en place !

Une grande industrie qui nécessite l'emploi d'ouvriers... oui, mais le calme cistercien troublé par tant d'activité, les moines décident de transférer la production à l'extérieur.

Aujourd'hui, on peut visiter l'église et ses salles d'exposition.

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !