Petite histoire de la tour Bellanda

De 1176 à 1831

La tourLa tour | ©Alex / CC-BY-SA

Bellanda, une tour de près de 22 m de diamètre, au-dessus de l'escalier Lesage !

On l'appelle aussi « tour de Clérissy », du nom de l'homme qui l'a restaurée et a ajouté un petit belvédère à son sommet, au 19e siècle.

Un site riche en événements

Le nom de Bellanda se trouve mentionné dès le Moyen Âge : c'est le nom de l'ancien château de Nice.

La tour est donc le seul vestige de ce château : les autres tours, la Malbouche, la Mauvoisin, la Maubuysson ont aujourd’hui disparu.

Plusieurs histoires sont associées à la Bellanda...

• La tour inspire les artistes : Berlioz y aurait composé l'ouverture de son Roi Lear, tout comme le compositeur allemand Giacomo Meyerbeer, alors de passage à Nice, qui y écrit son Robert le Diable (1831).

• La tour inspire aussi des faits plus tragiques : saviez-vous que la veuve de l'amiral de Coligny (chef protestant assassiné la nuit du massacre de la Saint-Barthélémy) Jacqueline d'Entremonts, y a été enfermée 2 longues années ?

• En 1537, le duc Charles III de Savoie et sa femme Béatrix du Portugal s'y réfugient pendant la guerre qui oppose François Ier et Charles Quint : leur fils Emmanuel-Philibert naît dans notre tour Bellanda ! Prudent, le duc y fait enfermer tous ses biens. Dont un trésor, la relique du Saint-Suaire ! Apportée de Turin par l'archevêque de la ville et offerte aux ducs de Savoie... On la sortira un jour de printemps 1537, pour l'exposer du haut de la tour Bellanda aux yeux de tous les badauds !

Le château de Nice

Voyons maintenant l'histoire du château : à la base, on a un donjon rectangulaire construit en 1176 par Ildephonse d'Aragon.

Détruit par les Génois, reconstruit en 1229 par le comte de Provence Raymond Bérenger, Amédée VII et Amédée VIII s'y installent par la suite.

En 1440, le gouverneur niçois Nicod de Menthon fait construire, au nord de la colline, un long rempart flanqué des 3 tours, mentionnées un peu plus haut.

Au sud se trouve la grosse tour Bellanda, alors appelée « tour du Môle » puis « tour Saint-Elme. »

C'est sur cette tour que l'on construit au milieu du 19e siècle le petit belvédère actuel.

Au milieu du 16e siècle, on agrandit les remparts.

C'est qu'ils sont plutôt importants, ces murs !

Imaginez que dans l'enceinte du château, on trouvait 3 églises : Sainte-Marie-de-la-Place, Saint-Michel et Sainte-Marie-de-Roche-Plane.

On trouve aussi un puits de près de 80 m de profondeur, creusé vers 1517 par l'ingénieur André Bergante.

De quoi largement ravitailler la place-forte, en cas de siège !

Comblé en 1706, utilisé à la Révolution par les soldats, on l'a définitivement comblé en 1830.

En 1691, pendant le siège de Nice, une bombe tombe dans le donjon et fait exploser la moitié du château.

Oh, ce n'est pas bien grave, en 1706, Louis XIV fait tout raser...

La tour Bellanda abrite aujourd’hui le musée de la Marine. Et à l'emplacement de l'ancien château, un joli jardin romantique a poussé sur la colline...

Sources

  • Jules Monod. Aux pays d'azur : Nice, Monaco et Menton. 1902.
  • Jean-Baptiste Toselli. Précis historique de Nice (tome 1). 1867.
  • Louis Durante. Chorographie du comté de Nice. 1847.
  • Marie de Solms. Nice ancienne et moderne. 1854.
  • Alexandre Lacoste. Nice et Monaco à travers les âges. 1884.