Petite histoire de la basilique de Brioude... et de saint Julien !

Le chevetLe chevet | ©Jochen Jahnke / CC-BY-SA

Nous nous trouvons maintenant dans la plus vaste église romane d'Auvergne !

Construite au 11e siècle à l'emplacement d'un oratoire primitif dédié à saint Julien, qui meurt à Brioude au 4e siècle et sur la tombe duquel se met à jaillir une fontaine...

Saint Julien

Assassinat en forêt

La ville actuelle de Brioude, donc, a été fondée autour du tombeau de saint Julien.

Julien, un des saints les plus populaires, est un soldat romain, converti au christianisme, dont la légion se trouve à Vienne, en Isère.

Les Romains persécutant les Chrétiens en Gaule, il s’enfuit et trouve refuge à Brioude, alors grosse forêt épaisse et sombre.

Pas très sûre non pas, puisqu’il s’y fait assassiner en l'an 304, à 1 km de Brioude dans la forêt de Vincelle, actuel Saint-Ferréol !

Ses agresseurs lui coupent la tête, la lavent dans une fontaine avant de l'empocher comme preuve de sa mort.

Deux petits vieux récupèrent le corps en secret et l'inhument à Brioude. Et là... incroyable ! Ils se mettent à rajeunir !

Devant ce miracle et bien d’autres, on fait construire une petite chapelle.

La fontaine sacrée

La fontaine, on peut encore la voir sur la route de Clermont-Ferrand, à quelques kilomètres au nord-ouest de Brioude.

Regardez bien : le fond est tout rouge. C’est normal ! Il s'agit du reste du sang de Julien, dit la légende...

La fontaine est abritée par un petit édifice du 12e siècle.

C’est une fontaine sacrée où l'on vient en pèlerinage chaque 28 août : le sang de Julien y apparaîtrait à chaque anniversaire de sa mort...

Fontaine Saint-JulienFontaine Saint-Julien | ©Record / CC-BY-SA

La légende de Bonnette

L’église construite sur la tombe de Julien attire tous les pillards, dont les Normands, au 9e siècle...

Et justement, les Brivadois ont été sauvés à cette époque des griffes des Vikings par une petite bergère, Bonnette !

Oh, elle n’était pas de Brioude même, Bonnette, mais de l’autre côté de l’Allier...

Mais elle aimait tellement saint Julien qu’elle venait faire paître ses bêtes à Brioude, debout, le bâton planté dans l’herbe grasse.

Un jour, donc, elle tombe sur ces envahisseurs venus du froid, qui l'attrapent par le bras, la secouent vigoureusement et lui font jurer de ne rien dire.. Elle n'a vu personne, entendu ?

La vie sauve, Bonnette se sauve à Brioude et, toute tremblante, s’adresse aux pierres de l'église : « Pierres, pierres, l’ennemi est dans la vigerie ! »

Les villageois l'entendent, sortent des maisons, vite, s'arment, se massent autour de la jeune Bonnette... et font la peau aux Normands !

Depuis, Bonnette est devenue une sainte. On voit sa statue dans la basilique ainsi que les quatre panneaux de son ancien reliquaire.

Au 10e siècle, quand les Vikings reviennent, point de Bonnette : la ville se fait entièrement saccager...

C’est près de deux siècles après que commence la construction de la basilique actuelle !

Reliques de saint JulienReliques de saint Julien | ©GFreihalter / CC-BY-SA

Chevaliers à toute épreuve !

Saviez-vous qu'on place 25 chevaliers pour défendre la basilique de Brioude, ses reliques et les pèlerins, des pillards et autres bandits qui sèment la terreur dans la région ?

On les reconnaît au sceau représentant 4 chevaliers pendant à leur cou.

Leur chef ? Le légendaire duc d’Aquitaine Guillaume, qui se retire après une vie bien remplie à l’abbaye de Gellone, sa fondation !

Cet ordre de chevaliers serait celui qui a inspiré l’ordre des Templiers...

Au 9e siècle, les chevaliers deviennent chanoines, mais gardent leur épée, en souvenir de leur passé : le roi les exempt même de charge, ils battent leur propre monnaie et ne relèvent que du pape !

Source

  • Annette Lauras-Pourrat. Guide de l'Auvergne mystérieuse. Éditions Tchou, 1980.