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Napoléon Ier et la création de la Roche-sur-Yon

Quand : 25 mai 1804 - 1854

Statue de Napoléon, la Roche-sur-Yon | ©Simon Desjobert / Wikimedia Commons / CC-BY-SA
Statue Napoléon Ier Statue de Napoléon de la Roche-sur-Yon

Une création... impériale !

La ville de la Roche-sur-Yon voit le jour le 25 mai 1804, par décret impérial de Napoléon Ier, proclamé empereur une semaine avant !

La Roche devient préfecture de la Vendée, remplaçant l'ancienne capitale historique, Fontenay-le-Comte.

Une toute nouvelle ville va naître autour d'une vaste place centrale.

Il est prévu une préfecture, un tribunal, une prison, des casernes, un hôpital militaire de 300 lits, une manutention de vivres, un lycée...

Ancien hopital militaire

Ancien hôpital militaire | ©Selbymay / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

Un développement poussif

Cette nouvelle ville doit être un symbole fort de paix, dans cette région ensanglantée par des années de lutte fratricide, pendant la Révolution et ses guerres de Vendée.

Car en ce début de 19e siècle, la Roche-sur-Yon n'est alors qu'une toute petite cité de quelque 1000 âmes, entourée de ses remparts.

Napoléon compte bien en faire une ville phare, au cœur même de la Vendée, à la croisée des grandes routes menant aux départements voisins : entre 12 000 et 15 000 habitants souhaités, à terme !

Ambitieux… Mais son développement va être poussif : les 10 000 habitants ne sont atteints... qu'en 1870 !

Pourtant, afin d’encourager les gens à venir s'installer, un décret impérial du 8 août 1808 dit que toute personne qui reconstruirait une maison détruite pendant la guerre, serait exempt d'impôts pendant 15 ans, et recevrait une prime pour les frais de construction !

Médaille Napoléon empereur (1804)

Médaille Napoléon empereur (1804) | ©Paris Musées - Musée Carnavalet / CC0

Histoire d'un nom : de Napoléon à la Roche-sur-Yon

La ville s'appelle Roche-sur-Yon depuis la période médiévale : elle a, en effet, été construite sur un roc et la rivière Yon la traverse.

Mais lors de la création de la nouvelle ville, en 1804, elle prend le nom... de Napoléon. Jusqu'en 1814 !

Avant de changer 7 fois de patronyme, entre 1814 et 1870 ! Un cas unique en Europe.

C’est, en fait, le préfet vendéen qui demande à l’empereur d’en être le parrain. Celui-ci ignore la requête un moment... si jamais la nouvelle ville faisait un flop, il ne voulait pas y voir son nom associé !

Il autorise finalement le préfet à faire le changement lui-même, en se dégageant de toute responsabilité personnelle.

L’acte de « baptême » est donc un bête arrêté préfectoral, daté du 28 août 1808, disant que, dorénavant, « la nouvelle ville, chef-lieu du département de la Vendée, portera le nom de Napoléon, et que tous les actes des autorités constituées et des fonctionnaires publics de ce chef-lieu, seront datés de Napoléon. »

L'unique visite de l'empereur à la Roche-sur-Yon

Le 8 août 1808, l'empereur effectue sa première (et unique) visite, dans sa cité fraîchement créée. Il revient de Bayonne, où il vient d'obtenir le trône d'Espagne pour son frère Joseph. Il avait fait la promesse de venir en Vendée... le voilà !

À la rencontre de sa population, oui... mais surtout pour voir l'avancée des travaux.

La ville, pour le recevoir convenablement, a fait évacuer l'unique grande auberge et construire un arc de triomphe modeste.

Manque de temps oblige, celui-ci sera réalisé… en feuillages ! Illuminations et décorations ont aussi été posées au dernier moment :

« On fera tout son possible pour le recevoir [de] manière passable, heureux si on peut réussir, [car n’étant] que campagnards, je crains bien que nous ne paraissions un peu mesquins dans nos décorations champêtres. »

« Vous avez construit une ville de boue »

Ce que Napoléon Ier découvre, pendant sa visite, ne lui plaît pas franchement... les travaux de construction sont à peine commencés ! La ville se résume encore à une auberge, quelques maisons : seule la préfecture est presque achevée.

« J'ai répandu l'or à pleines mains pour édifier des palais, vous avez construit une ville de boue », gronde-t-il, fâché.

Figurez-vous... que c’est faux ! Pas plus de 10 millions seront accordés à l’aménagement de la ville, jusqu’à la fin de l’Empire ! L’empereur ne donnera jamais plus.

En 1810, il finit même par convoquer l’ingénieur-en-chef des travaux et le préfet de Vendée au palais de Saint-Cloud. Devis, plans… toutes les sommes sont étalées sous les yeux de l’empereur.

Celui-ci fixe autoritairement les deux hommes :

« Toujours du luxe, toujours de gigantesques prétentions dans les monuments publics. Quand on a une ville à bâtir, on choisit un ingénieur à cheveux blancs ! Les villes ne se fondent pas en un jour ; Paris même n’est pas finie. »

Et Napoléon de répéter qu’il faut économiser...

Place Napoléon

Place Napoléon | ©Florian Fèvre / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

Des constructions économiques mais peu locales : le pisé

Donc ! Par souci d'économie, parce que l'on n’a pas les moyens financiers nécessaires, les architectes décident de construire une partie des bâtiments de la cité flambante neuve avec du pisé.

Le pisé ? Un mode de construction en terre crue, trèèès économique, alors largement utilisé en Auvergne et Lyonnais.

Sauf que l'on n'est pas en Auvergne ! La proximité avec l'océan et l'air humide ramené du littoral font que le pisé ne tient pas longtemps une fois posé. Il devient humide, s’écroule.

Aujourd'hui, heureusement pour nous, il reste un unique vestige de ces constructions en pisé, à la Roche-sur-Yon : la maison Gueffier !

Maison Gueffier

Maison Gueffier | ©William Chevillon / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

La statue de l'empereur

On la doit au sculpteur Alfred O'Hara van Nieuwerkerke ; elle est inaugurée sur la place principale de la ville vendéenne le 20 août 1854.

Saviez-vous que cet empereur en bronze possède sa copie parfaite à Lyon ?

Oui ! Nieuwerkerke avait en fait réalisé deux effigies identiques de l’empereur : une pour la Roche-sur-Yon, une pour la place Carnot de Lyon, inaugurée elle, en 1852 !

La chute du Second Empire en 1870 amène la destruction de la statue de Lyon...

Eglise St-Louis

Église St-Louis | ©Selbymay / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

Une ville napoléonienne

Les nombreux édifices datant de l’époque napoléonienne existent toujours, à la Roche-sur-Yon !

Parmi les plus remarquables :

  • l'ancien palais de justice (1810-1815) ;
  • l'hôtel de la préfecture de Vendée (1806-1815) ;
  • l’hôpital du Département (1808-1811) ;
  • l'église Saint-Louis.

De pur style néoclassique, la construction de cette dernière commence en 1809. Elle est le monument le plus emblématique de la ville !

Il s’agit de la plus vaste église du département de Vendée, rapporte le site web officiel du tourisme de la Roche-sur-Yon.

Sources

  • Aristide Guilbert. Histoire des villes de France (tome 4). 1845.
  • Émile Gabory. Napoléon et la Vendée. 1914.
  • Napoléon à la rencontre des Vendéens. Archives de la Vendée, archives.vendee.fr. Août 2012.

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !