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Napoléon accueille Marie-Louise à Compiègne

Quand : 28 mars 1810

Marie-Louise et Napoléon Ier | ©Rijksmuseum / CC0
Château Napoléon Ier Marie-Louise d’Autriche Château de Compiègne

Saviez-vous que la première rencontre de Napoléon Ier et de Marie-Louise d'Autriche se déroule au château de Compiègne ?

Leur nuit de noces aussi !

N.B. : détails piochés dans Le roman des châteaux de France de Juliette Benzoni et L’Histoire de France pour les Nuls.

Elle arrive !

Napoléon Ier débarque à Compiègne en 1806.

L’ancien château construit par Louis XV... il y a du boulot, car il est mal en point : il faut 2 ans pour que l’architecte Berthault lui redonne toute sa beauté.

Suffisamment pour qu’en 1810, il puisse accueillir une hôte de marque.

Quelqu’un de trèèès important dans la vie et le cœur du Corse : sa future femme, sa fiancée autrichienne Marie-Louise.

Le château de Compiègne va servir d’écrin à la première nuit du couple...

L’arrivée de la demoiselle est prévue pour le 28 mars.

Mais le 27, Napoléon n’en peut plus : il décide d’aller à la rencontre du carrosse !

Accompagné de 300 soldats, il ouvre la porte de la voiture et trouve une Marie-Louise à moitié endormie, qui prend peur devant cet inconnu un poil intrusif.

C’est l’empereur ! lui souffle-t-on.

Oh ! Elle accepte la bise, du coup.

Marie-Louise, c'est la petite-nièce de Marie-Antoinette, dont le souvenir de l’exécution hante encore les mémoires, en Autriche.

La France et ce Napoléon sont des monstres, pour eux !

Pas facile, pour la jeune fille de 18 ans, de partir pour un pays haï, faire un triste mariage de raison...


Marie-Louise

Marie-Louise | ©Austrian National Library (ÖNB) / Public domain

Nuit de noces... anticipée !

Napoléon revient à Compiègne avec ledit carrosse vers 22 heures.

Oulà ! Il faut se dépêcher de préparer les appartements de madame !

Tout se met en place dehors pour l’accueil, les laquais torche à la main, un orchestre prêt à jouer, même.

Et là, on voit sortir du grand carrosse un Napoléon leste comme un gamin, qui ouvre la portière à une Marie-Louise... qui apparaît rouge, décoiffée, la robe toute froissée, son petit chapeau tout de travers.

Elle semble gênée, mais gênée !!

Vous imaginez les ragots, qui direct font le pari que la berline vient de servir de lit pour la nuit de noces anticipée de l’empereur...


Chambre à coucher de Marie-Louise à Compiègne

Chambre à coucher de Marie-Louise à Compiègne | ©Zairon / CC-BY-SA

Toute une nuit à rire !

Napoléon montre ensuite sa chambre à la jeune femme, sur quoi ils dînent en petit comité... un tête-a-tête avec Caroline Bonaparte, une de ses soeurs.

L'empereur tout jouasse glisse à sa fiancée : « Quand vous serez seule, je viendrai vous retrouver. »

Coquin, va !

Le voila qui se glisse dans sa chambre à peine le dessert avalé, se parfume d’eau de Cologne et revient voir sa chérie à poil sous sa robe de chambre.

« Je suis allé vers elle et elle fit tout en riant. Elle a ri toute la nuit ! » racontera l'empereur.

Alors que ! En principe, il n’a pas le droit : il n’a pas demandé à l’évêque si le mariage par procuration à Vienne lui donne les droits du mari sur sa femme, et donc le droit de consommer l’union...

Il aurait dû passer la nuit tranquillou à la Chancellerie et laisser Marie-Louise se reposer de son voyage en compagnie de son canari et son chien Zozo, venus avec elle de Vienne.

Il rajoutera le lendemain de cette nuit à son aide-de-camp, avec sa galanterie inimitable : « Mon cher, épousez une Allemande : ce sont les meilleures femmes au monde, douces, bonnes, fraîches comme des roses ! »

Le mariage civil aura lieu au château de Saint-Cloud, le 1er avril 1810.

Un ventre

« J’épouse un ventre », lance Napoléon en présentant sa fiancée à Compiègne à son entourage.

Oui, il n’a pas d’héritiers. Joséphine, sa première épouse, ne lui en a pas donné, alors il espère.

Ca viendra : ce sera l’Aiglon, le roi de Rome ! Ou Napoléon II si vous préférez.

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !