Montboudif, les racines cantaliennes du président Georges Pompidou

Le 5 juil. 1911

Portrait officiel de Pompidou, 1969 (cote 26 NUM 1)Portrait officiel de Pompidou, 1969 (cote 26 NUM 1) | ©Arch. dép. Cantal / Licence Ouverte Etalab

Premier ministre (1962-1968) et président de la République (1969-1974), Georges Pompidou (1911-1974) naît à Montboudif. Ce Cantalien pur souche, petit-fils de paysans, voit le jour dans la maison de ses grands-parents maternels. Maison... qui existe toujours !

Côté paternel, des paysans, côté maternel, des commerçants... tous Cantaliens !

« Pauvre je suis de ma jeunesse, d'humble et petite extrace » dira Georges Pompidou une fois devenu président.


Il décrit sa famille paternelle comme « paysanne et pauvre, mais non misérable. » Paysanne, effectivement, jusqu'au bout des ongles ! Et solidement ancrée dans le Cantal. Jacques Pompidou, l'arrière-grand-père, ne sait ni lire, ni écrire. Le grand-père, lui, exploite une petite ferme avec son épouse couturière.


Du côté de la mère de Pompidou, on est paysan et commerçant ambulant originaire de Montboudif, vendant toiles et draps. La famille maternelle a « atteint une relative aisance, comme en témoignait le contraste de la maison où je suis né et la chaumière où était née ma mère », écrira le futur président.

Maison natale de G. Pompidou, MontboudifMaison natale de G. Pompidou, Montboudif | ©Père Igor / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

Les parents de Georges Pompidou, des instituteurs

Le père de Georges Pompidou, Léon, aurait dû être paysan, comme ses deux frères. Mais il est le seul de la fratrie à montrer d'excellentes dispositions pour les études : il devient instituteur.


En poste à Murat dans le Cantal, il y rencontre Marie-Louise Chavagnac, elle aussi institutrice. Coup de foudre, puis mariage en 1910 ! Un an plus tard, ils obtiennent leur diplôme de professeurs dans l'enseignement primaire supérieur : les voilà nommés à Albi, dans le Tarn, où ils s'installent.


Marie-Louise, enceinte de Georges, leur premier enfant, revient dans la maison de ses parents à Montboudif, « faire ses couches », comme cela se faisait autrefois...

Acte de naissance de G. Pompidou (cote 26 NUM 4)Acte de naissance de G. Pompidou (cote 26 NUM 4) | ©Arch. dép. Cantal / Licence Ouverte Etalab

La naissance du futur président à Montboudif

Montboudif, dans le Cantal ? Un village perché à 1000 mètres d'altitude, à la limite du Puy-de-Dôme. On y compte 327 âmes : paraît-il que la commune a donné 27 instituteurs et 60 patrons de cafés à Paris, en 40 ans...


C'est en tous cas ici que le 5 juillet 1911, le petit Georges Jean Raymond Pompidou voit le jour. Baptisé un mois après sa naissance, le petit garçon reçoit comme parrain et marraine deux parents côté maternel (Chavagnac), tous deux marchands de toiles.


Georges Pompidou ne passe, en réalité, que les premiers mois de sa vie à Montboudif : bientôt, ses parents retournent à Albi dans le Tarn, où il va grandir !

Le saviez-vous ?

« Pompidou, votre nom a l'air de se moquer du monde, ça ne fait pas sérieux. Si vous voulez un jour arriver à quelque chose, il vous faudra en changer. »


Ces mots, c'est De Gaulle qui les avait dit au jeune Pompidou, alors chargé de mission du cabinet de l'ancien général ! Avant d'ajouter que c'était un nom de coureur cycliste...


Ah, ça oui, Pompidou, c'est un nom qui fleure bon le terroir, la France du Centre-Ouest ! Le patronyme désignerait en fait une petite crêpe, ou un « pont à péage. »

Sources

Alain FrèrejeanC'était Georges PompidouÉditions Fayard, 2011

Gérard AubrayGeorges Pompidou : un portraitÉditions Fayard, 1969

Jean-Pierre Bat, Thierry SarmantGeorges PompidouÉditions Belin, 2017

Éric Roussel, Frédéric TurpinHistoire de la Ve République : 1958-1981Éditions Robert Laffont, 2024