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Madeleine de Proust : à l'origine de l'expression

Proust | ©Nationaal Archief / CC0
Maison Expression française Maison de tante Léonie

Bienvenue à Illiers-Combray !

La chambre de Marcel Proust. Le thé au tilleul de tante Léonie. La maison à colombages et son joli jardin…

Allez zou, on va décortiquer l'expression « madeleine de Proust » !

Késaco ?

Le bruit du vent dans les feuilles… l'odeur de la terre mouillée après un orage… le goût du flan au caramel de mamie, et hop, vous voilà parti des années en arrière.

C’est ça, la madeleine de Proust : une odeur, un son, un goût, un geste, qui fait replonger dans son enfance avec émotion.

On en a tous une ! Surtout Marcel Proust, à qui l’on doit cette expression. Une madeleine au beurre, trempée dans du thé !

Fiction et réalité

L’épisode de la madeleine se trouve dans le premier tome de A la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann.

Proust y mélange le réel et la fiction comme personne !

Prenez Illiers-Combray, pour commencer, la commune où se trouve la maison : le Illiers de son enfance devient Combray, dans la fiction.

D’ailleurs, c’est en hommage que la commune change de nom pour devenir Illiers-Combray en 1971, pour la centenaire de la naissance de l’auteur !

Prenez ensuite la maison. Est-elle là, existe-t-elle vraiment ? Oui !

Dans le roman, il s'agit de la demeure de la tante Léonie, à Combray, où l’enfant narrateur (qui n’est jamais nommé) goûte la fameuse madeleine.

Le petit Marcel, à Illiers, passe les vacances de printemps et d’été, entre ses 6 et 9 ans (soit entre 1877 et 1880) chez son oncle et sa tante Elisabeth Amiot, la sœur aînée de son père.

C’est elle qui deviendra Léonie : la fameuse tante qui offre au narrateur la petite madeleine, trempée dans du thé...


Maison de tante Léonie

Maison de tante Léonie | ©Eric HOUDAS / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

L'épisode de la madeleine

Le narrateur explique que sa mère lui prépare un jour du thé avec des madeleines.

Le goût de celles-ci, trempées dans du thé, le fait remonter à l’époque de Combray.

Son enfance.

La tante Léonie qui lui fait goûter le morceau de madeleine :

« Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin, à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
« La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé ; les formes – et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot – s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
« Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir. »


Madeleines

Madeleines | ©Pocsywe / Wikimedia Commons / CC0

On a échappé... à la biscotte de Proust !

L’épisode de la madeleine est quasi autobiographique.

Il fait référence, nous explique le livre Marcel Proust, tout dire de Cyril Grunspan (2005), à la tasse de thé servie par Céline Cottin (la domestique de Marcel) en 1909 et au morceau de pain trempé dedans.

Un flot de souvenir submerge Proust !

Il retrouve le goût de la biscotte trempée dans le thé, chez son grand-père maternel Nathé Weil...

Le temps retrouvé resurgit ! Le goût fait ressortir en lui « l’édifice immense du souvenir. »

Mais dans la première version de son manuscrit, rédigée en 1907, Proust fait se remémorer au narrateur... le goût du pain grillé !

Oups... nettement moins gourmand que le petit gâteau bombé, on est d’accord ! Il la remplace plus tard par une biscotte, puis par les madeleines.

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !