L'immonde Cunégonde au cachot à Saint-Ulrich

De 1490 à 1510

Le châteauLe château | ©Awarring / CC-BY-SA

Le donjon de Saint-Ulrich a connu de sombres histoires. Fermez les yeux, écoutez... on entendrait presque les soupirs des prisonniers, non ?

De quoi vous coller la chair de poule ! Mais voilà tout de suite l'histoire (vraie) de la plus célèbre des détenues...

Nous sommes à la fin du 15e siècle. Dans une petite cité d'Alsace vivent le seigneur Guillaume de Hungerstein et son épouse Cunégonde, née de Gieslberg.

Une jeune et belle demoiselle, un mari décrépi et lugubre... mais très riche. Voilà le tableau.

La donzelle dépense l'argent et fait profiter son cher papa. Vieux, mais pas encore sénile, Guillaume coupe les vivres à sa femme. Non mais !

Cunégonde, qui n'a plus rien à faire avec un rustre pareil, décide de l'assassiner.

Elle lui fait écrire une lettre, comme quoi môssieur part en Palestine faire expiation de ses péchés, et hop...

Elle étrangle de ses mains le pauvre Guillaume, l'enterrant au plus profond de la forêt.

Le seigneur de Ribeaupierre, Guillaume Ier (le suzerain de Hungerstein), entend parler de la disparition du vieil homme.

Suspicieux, il mène l'enquête, jusqu'à découvrir le pot aux roses...

La vile sorcière, cette Cunégonde !

Hop, enfermée et condamnée à mort, c'est la noyade qui l'attend.

Un ami la sauvera juste avant l’exécution et l’emmènera se cacher à l'étranger.

Furieux, Guillaume de Ribeaupierre la ramènera par la peau du cou et la fera enfermer dans la tour du château de Saint-Ulrich.

Après plusieurs tentatives d'évasion (notamment grâce à un geôlier amoureux), la belle finit ses jours enfermée. 20 ans de détention, ça vous remet les idées en place !...

On dit qu'elle apparaît certaines nuits, errant sur les ruines, frêle âme en peine en guenilles...

Source

  • Le Roy de Sainte Croix. Encore les dames d'Alsace devant l'histoire, la légende, la religion, la patrie et l'art. 1881.