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L'histoire du château de Fougères-sur-Bièvre en 6 anecdotes

La cour | Torsade de Pointes / Public domain
Château de la Loire Château Château de Fougères-sur-Bièvre

1 - Le refuge… de Refuge !

Pierre de Refuge ? Ce trésorier du roi Louis XI obtient la permission de ce dernier, en 1475, de « rétablir le château de Fougères en château-fort ». La girouette reprend même ses armoiries.

En 1497, Refuge meurt. C'est son petit-fils Jean de Villebresmes, chambellan du duc d'Alençon, qui finit la construction.

Tout en gardant l'aspect massif et défensif du château, il l'agrémente d'éléments Renaissance.

Un peu de légèreté, dans ce monde de brutes !

2 - Un air de famille avec le château de Blois

Avec ces douves, ce pont-levis, ces mâchicoulis, ces meurtrières et ces épaisses murailles, on est bien au Moyen Age !

Au début du 16e siècle, les douves sont comblées et des fenêtres à meneaux viennent égayer la façade.

Au centre du château, on trouve une cour dont les ailes du fond et de droite sont occupées par le logis. L'aile gauche comprend une galerie et une chapelle.

Quel contraste entre style médiéval et Renaissance !

Mais savez-vous quoi ? La galerie basse est directement inspirée de celle du château de Blois, construite par Anne de Bretagne !

Celle-ci ayant été bâtie au début du 16e siècle, 10 ans avant celle de Fougères...

Galerie basse du château

Galerie basse du château | ©Krzysztof Golik / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

3 - La légende de la dame de Fougères

La légende qui suit, c’est Étienne de Jouy qui l’écrit dans L’Hermite en province, sous le titre La châtelaine de Fougères (1828).

En 1492, le seigneur Villemore de Fougères (un jaloux possessif) avait interdit à son épouse, Yseule de Malleval, de recevoir ou de parler à quelque homme que ce soit.

Or un jour, un page les bras chargés de cadeaux, envoyé par une amie, débarque au château alors que l’affreux mari est parti.

Ce dernier rentre, trouve le page, pense au pire... et tue l’amant supposé qui ne l’était pas ! Sur quoi il enferme sa moitié, dans une chambre secrète du château. Il simule même des funérailles, afin de faire croire à sa mort.

Yseule parvient au bout de 5 ans, à s’échapper de sa prison, lors d’une visite de son mari. Elle l’emprisonne à son tour ! Ses valets médusés croient voir un fantôme…

Elle obtient le pardon de son mari, qui lui rend sa liberté.

Le château actuel a remplacé cette forteresse médiévale, dont il ne subsiste plus rien aujourd’hui. Ah, si : l’âme d’Yseule, qui hante toujours les lieux...

Le château

Le château | ©Daniel Jolivet / Flickr / CC-BY

4 - Frangal le Danois

Connaissez-vous Frangal ? Il est originaire du Danemark, il est le seigneur de Fougères, au 11e siècle !

5 - La transformation du château en filature

En 1789, René Lambot acquiert le château et y installe une filature, entre 1812 et 1901.

Ce bourgeois sera fait baron Lambot de Fougères par le roi, en 1826 : il possédait déjà la terre voisine de Boissay.

Le célèbre savant Montgolfier réalise les travaux d’aménagement de la filature, avec la dérivation des eaux voisines de la Bièvre, pour actionner la roue des machines.

Ce genre de roue s’appelle roue à aubes : elles permettent de transformer l’énergie hydraulique d’un cours d’eau.

Elle est installée dans la chapelle. A la base, le plafond de celle-ci portait une voûte d’ogives, détruite en 1812 lors de l’installation de la roue.

Le château

Le château | ©Daniel Jolivet / Flickr / CC-BY

6 - Le château sert de réserves temporaires pour les vitraux de la cathédrale de Chartres

Saviez-vous que le château a abrité, sous l’Occupation, des œuvres de célèbres musées français ? Ainsi que des vitraux médiévaux de la cathédrale de Chartres ?

Dans la région, le château de Chambord avait déjà servi de gigantesques réserves, notamment pour le musée du Louvre. Mais aussi le château de Fougères, racheté par l’État en 1930.

Il abrite notamment la tapisserie de la Dame à la Licorne, arrivée en décembre 1939.

Concernant les vitraux, mis une première fois à l’abri en mai 1918, ils sont à nouveau déposés entre août et septembre 1939 (après un travail titanesque de numérotage et démontage), à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale.

On a là 1060 caisses fabriquées exprès, stockées dans la crypte de la cathédrale.

La moitié d’entre elles prend le chemin du Périgord, en juin 1940, en zone libre.

L’autre moitié ne parvient pas à quitter Chartres. Les verrières retrouvent la cathédrale en 1948.

Sources

  • Encyclopédie Châteaux Passion. Éditions Atlas, 2001.
  • Fiche de visite Château de Fougères-sur-Bièvre, édité par le Centre des Monuments Nationaux.
  • Richard Mazoué, Denis Thuilier. Le château de Fougères-sur-Bièvre en Touraine. France Bleu Touraine, francebleu.fr/touraine. 05/05/2020.
  • Laurence Franceschina. Dans les secrets de la cathédrale de Chartres : pourquoi les vitraux ont disparu pendant la Seconde Guerre mondiale. L’Écho Républicain, lechorepublicain.fr. 05/06/2021.

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !