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Les secrets du tombeau de Napoléon Ier

Tombeau de Napoléon Ier | ©Pixabay
Lieu de sépulture Napoléon Ier Saint-Louis des Invalides

Découvrez, entre autre, le périple fou de la pierre dont est fait le sarcophage, et pourquoi le corps de Napoléon pourrait ne pas reposer ici, aux Invalides !

L'épopée franco-finlandaise du quartzite

Du porphyre romain ?

Au cœur du dôme des Invalides… le tombeau de Napoléon Ier, signé Visconti !

Achevé en 1861, regardez un peu : il se compose d’un sarcophage en quartzite, posé sur un socle de granit vert des Vosges.

Du quartzite de Chokcha, en Russie…

A la base, Visconti voulait du porphyre rouge, la pierre dont on se servait pour les tombeaux des empereurs romains.

Sauf que, trouver cette pierre en France ou ailleurs en Europe, que nenni !

Mission impossible. Les carrières d’où Rome le tirait ont disparu… Alors, où en trouver ?

Cap sur la Russie !

On se souvient alors (eurêka) que la Russie possède de vastes mines de quartzite.

Reste à voir pour l’extraction, la dimension des blocs et leur transport !

On charge Louis Léouzon Le Duc, journaliste et diplomate, de se rendre sur place, en 1846.

Il trouvera la pierre parfaite… sur une plage du lac Onéga, à un endroit nommé Chokchka !

Un territoire aujourd’hui finlandais, qui dépend alors du tsar Nicolas Ier.

Un tsar flatté qu’on lui demande des pierres pour la tombe du plus grand ennemi des Russes, uh uh…

Il accorde aux Français le droit d’exploiter la carrière (à leur frais, faut pas pousser).

Extraction colossale

Hop : les blocs, au nombre de 15, représentent « 126 pieds cubes ».

Le plus gros pèse 200 000 kilos, « l’une des pièces les plus colossales jamais tirées d’une carrière » !

15 blocs, donc, sont extraits.

Attendez : rien que pour extraire ces 15 pierres, il a fallu en sortir plus de 200…

Enfin, une fois fait, c’est le retour en France par la Néva, le golfe de Finlande, la mer Baltique, la mer du Nord, Le Havre et la Seine jusqu’à Paris…

Pffiou ! 3 mois de traversée !


Lac Onega

Lac Onega | ©Shubina_e / Pixabay

Pourquoi les Invalides ?

« Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j'ai tant aimé » écrit Napoléon dans son testament à Sainte-Hélène en 1821.

Rhaa… c’est beau ! Oui, mais, jusqu’en 1840, il ne se passe rien.

Quand Louis-Philippe et le gouvernement se remettent sur la question « où inhumer dignement Napoléon », on pense au Panthéon, à l’Arc de Triomphe, à Saint-Denis…

On choisit finalement les Invalides : le lien à l’histoire militaire et à l’armée parait évident !

Petite mention aux autres projets, comme celui suggéré par l’écrivain Stendhal : construire un tombeau gigantesque en brique, à Saint-Cloud, copie du temple de Paestum en Italie !


Napoléon sur son lit de mort

Napoléon sur son lit de mort | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

Napoléon ne serait pas enterré aux Invalides !

Sainte-Hélène

Petit résumé : après la défaite de Waterloo en juin 1815, Napoléon doit abdiquer.

L’Angleterre l’exile à Sainte-Hélène, zou, une « île chiée par le diable entre les deux monde », en plein milieu de l’Atlantique sud.

L’empereur y meurt, le 5 mai 1821.

Sa dépouille y reste 19 ans, avant le grand retour en France, puis l’inhumation aux Invalides.

Certains commencent à se poser des questions : est-ce bien Napoléon qu’on a inhumé à Paris ?

Les momies du roi anglais

Des demandes arrivent pour ouvrir le mausolée des Invalides et analyser les restes. En vain.

Et voilà qu'en 1969, le journaliste Rétif de la Bretonne publie, au moment du bicentenaire de la naissance de Napoléon, un article où il affirme que le corps de l’empereur ne repose pas aux Invalides.

Selon lui, le roi d’Angleterre George IV, fana de Napoléon, aurait fait exhumer le corps en 1824.

Ensuite, il le substitue avec celui du maître d’hôtel corse de Napoléon, Jean-Baptiste Cipriani, mort en 1818.

Sur quoi il l'expose dans sa collection de momies, à l’abbaye de Westminster !


Masque mortuaire de Napoléon

Masque mortuaire de Napoléon | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

Un repos éternel en Corse ?

Napoléon a failli reposer à Ajaccio dans la chapelle impériale du palais construit en 1828 par son oncle, le cardinal Fesch.

Celui-ci voulait réunir en un même lieu les sépultures de l’ensemble de la famille impériale.

Mais la chapelle ne sera achevée qu’après la mort de Fesch, 20 ans après !

Fesch repose ici avec Laetizia, sa sœur (maman de Napoléon).

La crypte et ses fidèles

Autour du tombeau de l’empereur, aux Invalides, regardez...

Ses fidèles maréchaux et quelques proches reposent près de lui !

  • L’Aiglon, son fils Napoléon II, dont les cendres sont transférées de Vienne en 1940 ;
  • Ses frères Jérôme et Joseph Bonaparte ;
  • Les généraux Duroc, Bertrand et Leclerc, ses beaux-frères.

La pierre tombale de Sainte-Hélène

Surprise ! La pierre tombale originelle de Saint-Hélène a fait le voyage avec l’empereur !

Elle se trouve aux Invalides, dans la cour de Nîmes, un jardin jouxtant l’église Saint-Louis-des-Invalides.

Elle a été rapatriée en 1840, avec les restes de l’empereur.

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !