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Les ducs de Bourgogne voient grand pour leur tombeaux

Les tombeaux | Arnaud 25 / CC-BY-SA
Musée Philippe le Hardi Jean sans Peur Palais des Ducs de Dijon

Le musée des Beaux-Arts, installé dans le palais, abrite les tombeaux de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur.

Véritables petits bijoux de la sculpture de la fin du Moyen-Age.

Commandés à la fin du XIVe, début du XVe s pour aller dans la chartreuse de Champmol, nécropole de la dynastie, on les déménage à la Révolution pour les installer dans le musée des Beaux-Arts de Dijon, en 1827.

Oui, car Dijon, c'est LA capitale des ducs de Bourgogne !


Tombeau de Jean sans Peur

Tombeau de Jean sans Peur | ©Yelkrokoyade / CC-BY-SA

Tombeau de Jean sans Peur

La réalisation

Jean ne repose pas tout seul : sa femme Marguerite de Bourgogne l'accompagne !

Réalisé par Jean de La Huerta et Antoine Le Moiturier, la réalisation de ce tombeau est nettement plus laborieuse !

Voilà donc le fils du Hardi : il meurt en 1419, mais le tombeau n'est pas réalisé tout de suite.

C'est Philippe le Bon qui le commande en 1435 mais... Claus de Werve meurt en 1439 !

Alors, en 1243, le duc passe un contrat avec La Huerta qui réalise les éléments principaux avant de quitter brutalement Dijon en 1456.

Le Moiturier le remplace dès 1461 pour réaliser les deux gisants.

En 1470, enfin ! Le tombeau rejoint Champmol...

Les pleurants

Sur la partie inférieure, regardez : voici le cortège de pleurants en albâtre...

L'innovation, ici, se situe au niveau de ces petits personnages : ils ne sont pas, comme ceux du fils de saint Louis à Saint-Denis par exemple, en demi-relief, coincés dans leurs arcades mais bien entiers, avec du vide tout autour d'eux.


Un pleurant, tombeau de Jean sans Peur

Un pleurant, tombeau de Jean sans Peur | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

Un pleurant, tombeau de Jean sans Peur

Un pleurant, tombeau de Jean sans Peur | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

Tombeau du Hardi

Réalisé par « l'imagier du duc » Jean de Marville, les sculpteurs Claus Sluter, Claus de Werve et le coloriste Jean Malouel, on a là un petit chef-d’œuvre. Allez, voyons ça de plus près...

Le duc a les yeux ouverts, car il est toujours vivant. Les petits pleurants l'accompagnent vers l'autre monde.

Il porte sa couronne, son armure, son long manteau : vous voyez ?

A l'inverse de la plupart des gisants, le manteau a ici des plis naturels, qui retombent bien autour du duc et ne défient pas la pesanteur...

C'est un vrai corps allongé, pas un gisant rigide, une statue sans âme.

A ses pieds, un lion... symbole de force, oui ! Des anges portent son casque.

Le tombeau, en marbre blanc et marbre noir de Dinant, a été commencé en 1384.

En 1404, à la mort du duc, il n'est pas du tout fini : manquent tous les pleurants, le gisant, etc !

Jean sans Peur charge alors Sluter d'achever le tombeau en quatre ans : quatre ans, c'est peu, et Sluter meurt en 1406 sans avoir beaucoup avancé...

Claus de Werve, son neveu, reprend le flambeau... et termine le tombeau en 1410 !


Gisant du Hardi

Gisant du Hardi | ©Ponyterr / CC-BY-SA


À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !