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Les bénitiers de Victor Hugo à l'église Saint-Paul de Paris : un mariage, un drame

Un des bénitiers de Victor Hugo, église Saint-Paul, Paris | Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA
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Les bénitiers de l’église Saint-Paul de Paris ? Offerts par Victor Hugo à l’occasion du mariage de sa fille Léopoldine avec Charles Vacquerie, le 15 février 1843. Un mariage en petit comité. Un jour heureux... en demi-teinte. Victor parle du « bonheur désolant de marier sa fille ». Sa Didine chérie... Mais Victor ne sait pas encore qu’il ne va pas tarder à la perdre. Pour toujours, cette fois.

Le mariage de Didine

Léopoldine, dite Didine, c’est l’enfant préféré de Victor et d’Adèle Hugo. Didine naît en 1824. Sa vie bascule quand elle rencontre Charles Vacquerie, le jeune ami de son papa, le fils de riches armateurs du Havre. Lui a 21 ans, elle 14. Mais c’est déjà le grand amour !

Oui, bon, on se calme : elle est un peu jeune pour le mariage, non ? s’inquiète Victor en bon papa poule. Attends un peu, ma fille... Didine attend patiemment. Jusqu’en 1843, elle a 19 ans. Enfin, elle épouse son Charles dans la jolie église parisienne Saint-Paul ! Dans ce quartier du Marais où les Hugo vivent à deux pas, place des Vosges. Victor écrit tristement ce jour-là :

« Aime celui qui t’aime et sois heureuse en lui. Adieu ! Sois son trésor, ô toi qui fus le nôtre ! Va, mon enfant béni, d’une famille à l’autre. Emporte le bonheur et laisse-nous l’ennui ! Ici, l’on te retient, là-bas on te désire. Fille, épouse, ange, enfant, fais ton double devoir. Donne-nous un regret, donne leur un espoir, Sors avec une larme, entre avec un sourire ! »

La vie balayée en une seconde

Les mois passent... Victor a le cœur déchiré. Un cœur qui porte une plaie béante due à la « perte » de sa fille. Mais il ne sait pas encore que la mort va la lui enlever, l’après-midi du 4 septembre 1843. Pour toujours. Le drame se passe à Villequier (76), d’où Charles est originaire.

Le petit couple va faire une promenade en canot. Une bête balade. Qui sombre dans l’horreur. D’un coup. Un terrible accident qui brise les 19 printemps de Léopoldine, la jeunesse de Charles, leur joie de vivre, leur amour... Tout ça balayé en un instant... à cause de la petite embarcation qui chavire.

Léopoldine se noie avec Charles. Victor apprendra sa mort 4 jours après sa disparition, dans les journaux. Adèle et Victor ne s’en remettront jamais. Portent ce fardeau cruel jusqu’à leur mort, respectivement en 1868 et 1885. Leur fille cadette Adèle, traumatisée par la mort de son aînée, sombrera dans la folie...

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et l’Histoire, grande ou petite... bien croustillante, si possible !

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