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Le retable du Jugement dernier de Beaune

Quand : 1443 - 1447

Le retable | ©Paul Hermans / Public domain
Hospices de Beaune

Un polyptyque pour les malades

Le Jugement dernier, réalisé entre 1443 et 1447 est un polyptyque en 15 panneaux.

A la base, il se trouve exposé au-dessus de l’autel de la chapelle de la grande salle des malades.

On laisse le retable fermé la semaine, on l’ouvre le dimanche et les jours de fêtes.

Composé de 9 panneaux, le polyptyque déployé mesure 5,50 mètres de long et 2 mètres de large.

Rogier de La Pasture

Nicolas Rolin, le fondateur bienfaiteur des hospices de Beaune, commande ce polyptyque à Rogier van der Weyden.

Né à Tournai en Belgique francophone, ce peintre s’appelle à la base Rogier de La Pasture.

Nom qu’il change pour sa version flamande, van der Weyden, quand il s’installe à Bruxelles en 1435 !

Zoom sur l'oeuvre !

Les yeux de saint Michel

Le Christ en juge s'impose au milieu.

Saint Michel, lui, pèse les âmes avant de les envoyer à gauche dans les flammes de l’Enfer ou à droite vers la porte brillante figurant l’entrée au paradis.

Ne trouvez-vous pas que le saint est impressionnant, avec ses ailes recouvertes de plumes de paon, comme autant d’yeux inquiétants nous fixant ?


Saint Michel

Saint Michel | ©Légendes Lorraines / Public domain

Mais qui sont-ils ?

A droite, la Vierge et la résurrection des élus. A gauche, saint Jean-Baptiste et l’entrée de l’Enfer.

Mais qui sont ces flopées de personnages derrières ces deux figures religieuses ?

Derrière le saint, on distingue :

  • le pape Eugène IV (qui donne à Rolin l’autorisation de fonder les hospices) ;
  • le duc de Bourgogne Philippe le Bon et son épouse Isabelle de Portugal ;
  • les enfants du Chancelier Rolin, Jean le cardinal d’Autun et Philippote, qui passe les dernières années de son veuvage à l’hospice ;
  • Nicolas Rolin lui-même... en vieillard dégarni.

Des guérisseurs

Du côté du retable fermé, on voit les fondateurs des hospices, Nicolas Rolin et Guigone de Salins.

Il s'agit de l'unique portrait de l'épouse de Rolin qui soit parvenu jusqu'à nous !

A leurs côtés, les saints guérisseurs (de la peste et du mal des ardents, l’ergotisme), saint Sébastien et saint Antoine.


Détail, côté Paradis

Détail, côté Paradis | ©Légendes Lorraines / Public domain

Muguet et fraise !

Avez-vous remarqué tous les détails qui foisonnent sur le retable ?

Le soin extrême apporté à des éléments insignifiants, comme le sol, la terre où une végétation folle envahit l’espèce à qui sait le voir ?

On reconnaît une trentaine de plantes, comme l’ancolie, la renoncule, le trèfle, mais aussi la violette, le fraisier, la pâquerette, le muguet...

L'Enfer

L’enfer, au contraire du paradis et sa flore luxuriante, a un sol sec, stérile, une roche calcinée par le feu avec d’horribles fissures.

Ici, pas de gueule de démons monstrueux qui dévorent les damnés.

Non, leurs visages suffisent à faire peur, marchant inexorablement vers l’abîme.

Un se mord les doigts avec démence. Un grince des dents, poings crispés, frappant une femme pour précipiter sa chute.


Les damnés

Les damnés | ©Légendes Lorraines / Public domain

Cachez ce sein...

Figurez-vous qu’à la Révolution, le polyptyque est démonté et caché dans un des faux plafonds des hospices.

On ne remet la main dessus qu’en 1803.

Choquées par la nudité de ces corps, les religieuses, outrées, demandent au peintre Bertrand Chicaux de recouvrir les fesses des damnés de vêtements, voire de flammes !

Le Guide de la Bourgogne mystérieuse (éditions Tchou) ajoute :

« L’artiste, homme prudent et de bon goût, usa de peinture à l’essence, ce qui permit ensuite de déshabiller ceux qu’il avait vêtus. »


À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !