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Le père et le grand-père de François Ier ré-inhumés à Angoulême

Statue de Jean d'Orléans, derrière la cathédrale | ©JLPC / Wikimedia Commons / CC-BY-SA
Cathédrale Lieu de sépulture François Ier Jean d'Orléans Cathédrale Saint-Pierre d'Angoulême

La cérémonie de ré-inhumation s’est déroulée le 15 février 2015 dans la cathédrale d'Angoulême...

Les os de Jean et Charles d’Orléans, respectivement grand-père et père de François Ier, avait été découverts en 2011 au sein de la même cathédrale.

Vous voyez ce tombeau ? Il s’agit de celui de Jean d’Orléans, le grand-père de François Ier.

Vous vous souvenez ? Le bon comte Jean qu’on a rencontré dans son château de Cognac (16) !

Un bonhomme sage, pieux, généreux. Après 32 années de captivité chez les Anglais, il revient chez lui à Angoulême (où il reconstruit une partie du château comtal) puis s’installe à Cognac.

Brisé, mais libre. Jean meurt paisiblement dans sa douce ville charentaise le 30 avril 1467.

Enterré dans le chœur de la cathédrale, « à 15 pieds et plus du grand autel », dit La vie de Jean d’Orléans (Jean du Port, 1852).

Et voilà qu’en 2011, on déterre de sous une dalle de Saint-Pierre une boîte de plomb... avec, dedans, les os mêlés de trois personnes !

Une femme et deux hommes.

Pas de doute permis : on a là les restes de Jean, sa femme Marguerite de Rohan (morte en 1497) et leur fils Charles d’Orléans (mort en 1496).

Les grands-parents... et le papa du roi François Ier, né à Cognac !

Pas de doute, car le crâne de Jean est en piteux état.

Or, on savait que ledit crâne, longtemps conservé entier, a été amoché par les protestants en 1562.

Aaah, oui. Revenons un peu en 1562. Année sinistre pour les pauvres restes de la famille... à cause des guerres de Religion et des Protestants qui viennent mettre le boxon dans les églises catholiques.

Les corps de Marguerite et de Charles tombent en poussière à peine sortis du caveau.

Mais quand arrive le tour de Jean, les protestants trouvent son corps juste desséché, super bien conservé !

Un huguenot d’Angoulême, Jean Ruffuer, va jusqu’à planter son poignard dans les entrailles et lui coupe le nez...

Sur quoi les autres lui coupent la tête et laissent le reste du corps dans le caveau.

En 1568, rebelote. Cette fois, le corps de Jean est sorti, traîné dans la ville et mis en pièces… le tombeau en plomb fondu pour faire des balles.

Les quelques restes du pauvre Jean, dispersés un peu partout dans les rues d’Angoulême et sur le pavé de la cathédrale, se font récupérer par les religieux.

Qui les mettent secrètement à l’abri, pour ensuite les replacer dans la cathédrale en 1634, lors de travaux de restaurations, rapporte La vie de Jean d’Orléans (Jean du Port, 1852).

Nouveau déménagement en 1829, au pied d’un pilier. Jusqu’à la redécouverte en 2011.

Finalement, la petite famille se fait inhumer en grande pompe en février 2015, au pied d’un pilier.

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !