Le martyr de Pons et la légende qui s'ensuit

Le tombeau de PonsLe tombeau de Pons | ©Janrober / CC-BY-SA

Mais, vous devez vous demander qui est ce Pons qui a donné son nom à l'abbaye ?

Il naît dans une famille romaine, noble mais païenne.

Un jour, il décide de se convertir au christianisme et part sur les chemins aider les plus pauvres.

Mais comme il ne fait pas vraiment bon d'être chrétien à l'époque, voilà Pons qui s'exile près de Nice, à Cimiez, histoire d'échapper aux persécutions.

Malheureusement pour lui, on l'arrête : s'il veut la vie sauve, il faut qu'il renie sa foi !

Plutôt mourir ! Il refuse. Ce sera donc la mort !

Nous sommes en 261 après J.-C., au mois de mai : le préfet Claudius va le faire martyriser.

On attache Pons au milieu de l'amphithéâtre de Cimiez et on fait entrer deux énormes ours, venus dit-on des montagnes de Dalmatie.

Allez, qu'ils le dévorent ! Mais les bestioles refusent de le manger !

Au lieu de cela, ils se précipitent sur les soldats qu'ils boulottent tout cru.

Puis les deux ours viennent vers Pons se coucher à ses pieds.

On rêve ! La foule, dans les gradins, n'a jamais vu ça. Ce « prodige » énerve Claudius.

Il fait donc allumer un grand feu sous les pieds du saint, mais là... les flammes s'écartent de lui !

Alors, on lui coupe la tête sur un grand rocher... que l'on voit encore, parait-il, au pied du Paillon.

Saint Valère, compagnon de Pons, récupère discrètement son corps et l'inhume à l'endroit où plus tard, on construira l'église et le monastère.

Et la tête de Pons ?

Jetée dans le Paillon, elle dérive tranquillement vers l'océan.

La tradition niçoise veut que des anges la déposent à l'abbaye Saint-Victor de Marseille...

Le tombeau de PonsLe tombeau de Pons | ©Janrober / CC-BY-SA

D'ailleurs, à propos du tombeau en marbre de notre saint, sur lequel l'abbaye a été fondée : Charlemagne l'a fait restaurer à ses frais.

On pouvait lire dessus :

Domino Karolo, rege Francorum et Lango bardorum, Patricius Romanorum, Domino Sancto Pontio. Martyri Sub. Temporibus Imperat...

Autrement dit : « Sous le règne de l'empereur Charlemagne, roi des Francs et des Lombards, patrice des Romains, à saint Pons, martyr. »

Sources

  • Émile Negrin. Les promenades de Nice. 1867.
  • Eugène Tisserand. Histoire civile et religieuse de la cité de Nice (tome 1). 1862.
  • Abbé Migne. Dictionnaire d'épigraphie chrétienne (tome 2). 1852.