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Le choc ! Pourquoi Thomas Beckett et Henri II d'Angleterre se rencontrent à Montmirail

Le château | Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA
Château Thomas Becket Henri II d'Angleterre Louis VII le Jeune Château de Montmirail

Un roi de France espère réconcilier le roi anglais Henri II et Thomas Becket, l’archevêque de Canterbury… Mais pas que ! Louis VII a une vieille dent contre l’Anglais, et il compte bien sur l’entrevue pour la régler...

Beckett VS Plantagenêt

Le château de Montmirail accueille une réunion capitale, le 6 janvier 1169.

Le roi de France Louis VII veut que Henri II Plantagenêt rencontre Thomas Beckett, archevêque de Canterbury, afin de pacifier leurs échanges.

Il faut dire que Beckett est en conflit avec le roi d'Angleterre sur les droits et privilèges de l'Eglise.

Condamné à l'exil, il débarque en France en 1164. Poursuivi par son roi, il traverse Sens, Pontigny, Vézelay... et nous voilà à Montmirail, en pleine Sarthe !

Pourquoi à Montmirail ?

Hé oui ! Pourquoi cette rencontre au sommet se déroule-t-elle à Montmirail ?

Montmirail se trouvant entre terres anglaises et françaises, le château se retrouve souvent au cœur de l’action entre les deux royaumes.

Mais est-ce aussi parce que le seigneur de Montmirail, Guillaume IV Gouët, est parent avec les rois d’Angleterre, en tant qu'arrière-petit-fils de Guillaume le Conquérant ?

Des mots, des mots...

Alors. On en est où, ce 6 janvier 1169 ?

Louis VII promet à Henri II de lui amener Beckett, pour un pourparler.

On sait que ce jour-là, Thomas dit à Henri :

« Seigneur, en présence du roi de France, des prélats et des seigneurs, je remets le sujet de notre différend à votre discrétion, sauf l’honneur de Dieu. »

Cette dernière parole met Henri dans une rage noire, il l’insulte : « Vous êtes un ingrat, un mauvais cœur, un orgueilleux ! » Et se tournant vers le roi de France :
« Avec une telle restriction, dit-il, il m’enlèverait tous mes droits ; tout ce que je ferais blesserait, suivant lui, l’honneur de Dieu. Certes, il y a eu des rois d Angleterre moins puissants que moi, et des archevêques de Canterbury sages et saints plus que lui. Je ne lui demande que la même soumission que le plus grand de ses prédécesseurs a marquée au moindre des miens, et toute que relie sera terminée. »


Le roi de France dit alors à Becket, qui garde le silence : « Eh bien, qu’attendez-vous ? Voilà la paix, elle est dans vos mains. »

Beckett se figeant dans le mutisme, chacun se retire de son côté. C’est raté pour la paix !

Tout ça ? Une entourloupe !

Louis VII tente de réconcilier Thomas Beckett et le roi Henri, mais c’est un prétexte. Il veut surtout faire plier Henri II... Je vous explique !

Louis hait Henri : il lui a « piqué » sa première femme, la belle Aliénor d’Aquitaine, et il se retrouve avec plus de terres que lui.

Au XIIe s, une grande partie du royaume de France est entre les mains des Plantagenêts.

Car quand Aliénor épouse son Anglais, elle lui offre sur un plateau d'argent une partie de la France, des Pyrénées à Calais !

Les possessions d’Henri en Angleterre et en France sont si importantes que le roi de France Louis VII paraît bien pauvre, à côté de celui qui reste son vassal.

Alors, tout énervé, Louis VII décide de tenir tête à Henri II en soutenant Thomas Beckett et en accueillant à bras ouverts le fiston d’Henri, le futur Richard Coeur de Lion, un ado révolté contre son paternel !

A Montmirail, Louis en profite pour donner sa fille Adèle en espousailles à Richard, et de bien insister sur le fait que les terres de ses beaux-fils, l’Aquitaine, la Normandie, le Maine, lui appartiennent, maintenant…

A Montmirail aussi, il rappelle bien à Henri que son fils et lui-même doivent rendre hommage au roi de France.

Conclusion ?

On connaît la suite : les désaccords entre les deux hommes reprennent rapidement.

L'archevêque trouvera la mort le 29 décembre 1170, dans la cathédrale de Canterbury, assassiné par les hommes de mains d’Henri II…

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !