This website requires JavaScript.

La tombe de Louis Vigneron, « l’homme canon »

Tombe de Louis Vigneron | ©Touron66 / CC-BY-SA
Lieu de sépulture Cimetière du Père-Lachaise

Sur sa tombe, point de mention de dates, mais celle, mystérieuse, de « 305 ko », sur une pièce de canon en pierre…

Né en 1827 à Paris et mort à Boulogne-sur-Mer en 1871, à l'âge de 44 ans, nous voilà sur la tombe de Louis Vigneron, « l’homme canon » !

De la savate au canon !

Vigneron ? Un colosse, un gars solide aux membres d’acier (1m80), vainqueur du premier combat boxe française/boxe anglaise l’opposant à Dickson, en 1854 !

C’est l’époque de la « savate », le combat de rue, le sport des mauvais gars, dit-on au début.

Lui, le fils de menuisier, mécanicien parisien à la vue mauvaise, achète à Paris un petit local chez un marchand de vin, au coin de la rue de Malte et de Crussol, et ouvre une salle de savate.

L’impératrice Eugénie interdisant la pratique de la boxe française en 1856, il se recycle dans des démonstrations spectaculaires à succès... dont celle de l’homme-canon !

Un numéro qui consiste à porter un canon de 305 kg sur les épaules, de le charger avec de la poudre, puis de faire quelques pas avec ce poids sur le dos avant de faire partir le coup.

Vigneron ne cillait pas d’un poil...


Tombe de Louis Vigneron

Tombe de Louis Vigneron | ©Touron66 / CC-BY-SA

L'accident

Jusqu’au jour où… il est déséquilibré et se prend l’explosion en pleine tête.

Voilà ce que raconte La Boxe française historique et biographique (Joseph Charlemont, 1899) :

« Vigneron, n'entendant pas fuser la mèche, voulut regarder en arrière ; il déplaça un tant soit peu son équilibre et fut surpris par le coup.
« On le vit aussitôt chanceler, tout en essayant, d'après ce qu'on a cru voir, de faire passer son canon par-dessus la tête ; mais arrivé au milieu de la chute, Vigneron vomit un flot de sang et s'affaissa directement dans la position où il était.
« La culasse du canon lui fit éclater la tête, sans la lui écraser ; une des oreilles du canon avait porté à terre et avait ainsi fait basculer le canon.
« Vigneron s'étendit tout de son long, sans un mouvement de raideur ; on envoya de suite chercher un médecin qui vint presque aussitôt, le docteur Bazin, croyons-nous.
« Devant cet épouvantable accident, tous les spectateurs furent complètement anéantis. On ne savait que faire ; Bastion prit un seau d'eau et une éponge et lui lava le visage.
« Aussitôt Vigneron tressaillit, se raidit. On dit au docteur Bazin : « il n'est peut-être pas mort, puisqu'il remue. »
« Celui-ci répondit : « Si », en faisant voir que le crâne était déboîté et brisé. C’était fini. »


Le pauvre père de Vigneron, prévenu par télégraphe, débarque chercher le corps de son fils pour le ramener à Paris, pour l'inhumer sous une modeste tombe élevée par souscription.

Avec ce canon dessus, « symbole de ses succès et de son malheur »...

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !