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La terrible répudiation de Marguerite d'Autriche à Baugé

Marguerite d'Autriche (Jean Hey, 1490) | ©Metropolitan Museum of Art / CC0
Château Marguerite d'Autriche Château de Baugé

Marguerite a 10 ans, sur cette peinture.

Un an après, elle allait subir une terrible répudiation de la part de la France... ici, à Baugé !

Rencontre avec la petite reine

La fille de l'empereur

Une petite fille de 4 ans à peine trotte dans les couloirs du château d’Amboise.

Elle ressemble à n’importe quelle petite fille de l’époque. Ses rires éclatent comme des pépiements de moineaux.

Cette enfant, c’est la fille de l’empereur d’Autriche Maximilien de Habsbourg, petite-fille du duc de Bourgogne Charles le Téméraire.

La future reine de France, oui, oui, c'est elle ! Oula, pour l'instant, mais le vent peut tourner...

Car on la mariera 3 fois. La première, c’est celle qui nous intéresse et qui va si mal s’achever, ici, à Baugé !

Une fiancée comme gage de paix

En 1482, le traité d’Arras entre Maximilien et Louis XI mentionne l’union de Marguerite avec le dauphin, futur Charles VIII.

Union pour enfin avoir la paix entre les deux pays.

Marguerite a 3 ans quand elle quitte la cour belge de Bruxelles pour Amboise, en avril 1483, où elle est élevée avec Charles au château, en qualité de fille de France : on la surnomme « la petite Royne » !

Elle est choyée et reçoit une solide éducation : elle apprend le français et le latin, mais aussi « dessin, peinture, musique vocale et instrumentaire ».

Son jeune fiancé, « le petit Charlot », a 10 ans de plus qu’elle.


Marguerite d'Autriche (Jean Hey, 1490)

Marguerite d'Autriche (Jean Hey, 1490) | ©Metropolitan Museum of Art / CC0

Anne ou Marguerite ?

Mais l’union est fragile. Tout commence quand Maximilien d'Autriche demande la main de la fille du duc de Bretagne, Anne.

Charles, devenu roi de France, accueille la nouvelle comme une bombe : il faut à tout prix empêcher ça !

On court au désastre, les Habsbourg règneraient en Bretagne, et qui sait quoi, après… rappelons que la Bretagne n’est pas encore française et que la France la convoite depuis un moment.

Les rumeurs sur une future répudiation courent bientôt...

Charles rassure la petite Marguerite, prête serment, lui jure que oui, elle sera reine de France.

Et voilà Maximilien qui épouse Anne de Bretagne, le 19 décembre 1490.

Charles voit rouge. Il file assiéger des cités bretonnes, fait pression sur la duchesse pour qu’elle casse son union.

Il finit par répudier Marguerite, en 1491, pour épouser d’urgence Anne. Marguerite a 11 ans...

Le retour au pays

Marguerite reste deux ans en France avant d'être « rendue » à son père, en 1493, avec une partie de sa dot.

Elle gardera toujours une rancœur contre la France : on raconte qu’un jour, après avoir bu du vin très vert, elle demande de quel pays vient cette piquette : de France !

« Je ne m’en étonne pas, les serments n’y valent rien. »

Jeu de mot entre le sarment du raisin et le serment fragile du roi qu'il a lui même brisé...


Médaille de Philibert de Savoie et Marguerite d'Autriche

Médaille de Philibert de Savoie et Marguerite d'Autriche | ©Metropolitan Museum of Art / CC0

Les tristes noces

Humiliée, malheureuse, Marguerite ne connaitra que peu le bonheur.

Elle épouse Juan d’Aragon, en 1497, à Burgos en Espagne.

Juan meurt peu après et Marguerite accouche d’un enfant mort-né.

En 1501, elle épouse le duc de Savoie Philibert le Beau.

Mais en 1504, celui-ci meurt brutalement d’un coup de froid.

Charles VIII ? Il était mort entre temps en 1470, à l'âge de 28 ans seulement...

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !