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La statue de René Laënnec, médecin breton inventeur du stéthoscope

Statue de Laënnec, Quimper | ©Olaf Meister / Wikimedia Commons / CC-BY
Statue Inventeur et créateur Statue de René Laënnec

De qui s'agit-il ?

Il est, entre autres, l'inventeur, en 1816, du stéthoscope et de l'auscultation !

René Théophile Hyacinthe Laënnec (1781-1826), médecin breton qui mérite bien sa statue ici à Quimper, puisqu'il s'agit de sa ville natale.

Statue de Laënnec : détail

Statue de Laënnec : détail | ©Thesupermat / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

Sa statue à Quimper

C’est une statue inaugurée en 1868, créée par le Parisien Eugène-Louis Lequesne.

On doit à ce dernier la statue monumentale de la Vierge, la célèbre Bonne Mère, qui surplombe la basilique marseillaise Notre-Dame-de-la-Garde !

René Laënnec

René Laënnec | ©Wellcome Collection / Public Domain

Ce que vous devez savoir sur Laënnec en deux mots !

Tôt orphelin, un oncle médecin veille sur lui

Fils et petit-fils d'avocats bretons du Finistère, orphelin de mère à 5 ans, le petit René se voit confié par son père à son oncle Guillaume, médecin à Nantes.

René entame des études de médecine, à Paris, avant de devenir médecin en 1804, suivant les traces de son oncle.

Quand il publiera en 1819 son Traité de l'auscultation médiate, Laënnec le dédiera tout naturellement « à mon excellent oncle, mon autre père. »

L'inventeur du stéthoscope

En 1816, Laënnec est nommé à l’hôpital Necker de Paris.

C'est là qu'il invente le stéthoscope : d'abord un simple rouleau de feuilles, qu'il perfectionne ensuite en un instrument cylindrique en bois, en plusieurs parties.

Il lui donne le nom de stéthoscope : du grec stethos (poitrine).

Mais comment lui vient cette invention géniale ?

  • Une jeune patiente se présente avec des symptômes de maladie du cœur : à l’époque, on se contente d'écouter le cœur l'oreille posée à même les vêtements du patient. Problème ! La patiente est en surpoids, la méthode ne donne rien.
  • Laënnec se souvient alors d'un phénomène acoustique connu : en posant son oreille à l’extrémité d'une poutre, on entend clairement un coup d'épingle donné à l’autre bout.
  • Il prend alors un tas de feuilles de papier, les roule serrées et applique une extrémité du cornet obtenu sur la poitrine de la patiente, son oreille collée sur l'autre bout.
  • Et là… eurêka ! Le bruit du cœur lui vient mille fois plus nettement que par application directe de l'oreille !
Stéthoscope de type Laënnec (19e s)

Stéthoscope de type Laënnec (19e s) | ©Wellcome Collection / CC-BY

Tout un vocabulaire encore d'actualité

On doit également à Laënnec l'analyse des « bruits » internes émis dans la poitrine, avec un vocabulaire encore utilisé aujourd'hui : ronchis, crépitants…

Autant de bruits permettant de poser les diagnostiques de la bronchite, de l'asthme, de la pleurésie ou encore de l’œdème pulmonaire...

Laënnec auscultant un enfant

Laënnec auscultant un enfant | ©Paris Musées - Musée Carnavalet / CC0

Le créateur du mot cirrhose

On doit à Laënnec la description de la cirrhose, maladie du foie déjà connue depuis l'Antiquité.

Et c’est également le médecin breton qui crée le mot cirrhose : du grec kirrhos (fauve ou roux), à cause de la couleur jaunâtre que prennent la peau et le foie des malades !

Le créateur du terme mélanome

On doit à Laënnec l'origine du mot mélanome, qu'il décrit notamment dans les maladies pulmonaires.

Le terme vient du grec melas (noir) et oma (processus ou aboutissement).

Le médecin des plus grands

Laënnec devient le médecin du célèbre Chateaubriand, compatriote breton ultra hypocondriaque.

Celui-ci souffre de palpitations : Laënnec le guérit en le rassurant sur son état, et en lui prescrivant... des promenades !

Dès 1809, Laënnec occupe aussi la place de premier médecin du cardinal Fesch, l'oncle de Napoléon Ier. Il devient médecin à la cour des Bourbons en 1822, auprès de la duchesse de Berry.

Autographe de Laënnec (1826)

Autographe de Laënnec (1826) | ©Wellcome Collection / Public domain

Laënnec, malade malgré lui !

Laënnec, de constitution très frêle, a toujours eu une santé fragile. Fièvre dès 1798, asthme et hypocondrie en 1808.

Il est si essoufflé, qu'il ne supporte pas le poids de ses vêtements : on le voit travailler torse nu dans son bureau !

5 ans avant sa mort, ce sont toux, vertiges et palpitations dont il se plaint. Avant de conclure que tout ce dont il souffre est assurément psychosomatique !

Laënnec (1826)

Laënnec (1826) | ©Wellcome Collection / Public domain

Une mort prématurée

Laënnec finit par contracter la tuberculose.

C'est son cousin Mériadec Laënnec (qui a appris la médecine avec René) qui l'ausculte avec le stéthoscope de son invention et diagnostique la maladie.

Il meurt à seulement 45 ans, le 13 août 1826, non loin de Douarnenez, dans la maison familiale. En ayant pris soin de léguer son invention à son cousin !

À noter que la forme actuelle du stéthoscope, tel que nous le connaissons, a été mise au point par l'Américain Cammann, en 1855...

Sources

  • Michel Voisin. Tradition et modernité chez Laënnec. In Académie des Sciences et Lettres de Montpellier. Séance du 25 février 2013.
  • Étienne Subtil. L’œuvre novatrice de Laënnec. In La Revue du Praticien (vol 55, n°10). 2005.

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !