La maison natale de Charlotte Corday

Charlotte Corday (A. Allais, 1799)Charlotte Corday (A. Allais, 1799) | ©National Gallery of Art / CC0

Nous voilà devant la maison natale de Charlotte Corday, la ferme du Ronceray !

La célèbre Normande qui, en 1793, assassine Marat dans sa baignoire, y vit jusqu’à ses 13 ans.

Son nom complet

La célèbre meurtrière normande s’appelle en fait, de son nom complet, Marie Anne Charlotte de Corday d’Armont.

Mais les révolutionnaires ont retenu celui, moins noble, de Charlotte Corday.

Ses proches, eux, la connaissent sous le simple prénom de Marie !

Les Champeaux, le Ronceray...

Charlotte naît le 27 juillet 1768 à la ferme du Ronceray, aux Champeaux, tout petit hameau non loin de Vimoutiers, dans l’Orne.

À l’époque de sa naissance, le Ronceray fait partie des Lignerits, qui aujourd’hui est un hameau rattaché à la commune d’Écorches.

Puis, le lieu-dit du Ronceray se fera rattacher aux Champeaux.

La ferme du RoncerayLa ferme du Ronceray | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

La ferme du Ronceray

« Rien de plus simple et de plus mesquin, rien qui distingue cette construction de toutes les petites fermes éparses dans les vergers du pays d’Auge », rapporte Bulletin de la Société historique et archéologique de l’Orne (tome 3, 1884).

La famille de Charlotte achète la maison en 1765.

« M. de Corday possède aux Lignerits une cour nommée le Ronceray et un pré y tenant ; ladite cour assez bien plantée en arbres fruitiers, avec quelques corps de bâtiments servant à usage de maison manable, cour, pressoir, étables et fours », trouve-t-on dans un rapport municipal de 1792.

Le Bulletin de la Société historique et archéologique de l’Orne (tome 3, 1884) décrit l’intérieur : un rez-de-chaussée avec deux pièces, une grande cheminée toute simple dans la cuisine.

Au premier, deux chambres avec un escalier étroit qui mène à une autre chambre, au grenier.

La maison est malheureusement une propriété privée, elle ne se visite pas !

La ferme du RoncerayLa ferme du Ronceray | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

Ses parents

Charlotte est la troisième des cinq enfants du couple que forment François de Corday d’Armont et Charlotte Marie Jacqueline de Gautier des Authieux de Mesnival.

Lui a occupé le poste de lieutenant des armées du roi.

La famille est noble, oui… mais sans un sou en poche !

Un ancêtre illustre !

« Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? »

C’est beau, c’est grand, c’est tiré du Cid, de Corneille… le rapport avec Charlotte Corday ?

Elle est l’arrière-petite-fille du dramaturge et poète rouennais Pierre Corneille !

Son père est l’arrière-petit-fils de Marie Corneille, la sœur de Pierre.

Charlotte, à sa façon, connaît une destinée à l’image des héroïnes des tragédies de son aïeul : tragique, avec un sombre dessein à accomplir !

La veille de son exécution, d’ailleurs, en juillet 1793, elle écrit à son père sa dernière lettre, où elle cite non pas Pierre, mais Thomas Corneille, le jeune frère du dramaturge :

« Pardonnez-moi mon cher papa, d’avoir disposé de mon existence sans votre permission. J’ai vengé bien d’innocentes victimes, j’ai prévenu bien d’autres désastres. Adieu mon cher papa, je vous prie de m’oublier, ou plutôt de vous réjouir de mon sort, la cause en est belle. J’embrasse ma sœur que j’aime de tout mon cœur, ainsi que tous mes parents. N’oubliez pas ce vers de Corneille : « Le crime fait la honte et non pas l’échafaud. »

La chapelle du baptême de CharlotteLa chapelle du baptême de Charlotte | L'église du baptême de Charlotte | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

L'église de son baptême existe toujours

Charlotte se fait baptiser dans la petite église Saint-Saturnin des Lignerits, le lendemain de sa naissance.

Il s’agit aujourd’hui d’un hameau voisin du lieu-dit des Champeaux.

Voici ce que dit l’acte officiel :

« Ce 28 de juillet 1768 par nous soussigné Curé, a été baptisée Marie Anne Charlotte, née d’hier du légitime mariage de Messire Jacques François de Corday, Écuyer Seigneur d’Armont et de noble Dame Marie-Jacqueline de Gautier, son épouse, le parrain Messire Jean-Baptiste-Alexis de Gautier, Écuyer Seigneur de Mesnival, la marraine noble Dame Françoise-Marie-Anne Levaillant de Corday, le père présent. Ont signés : LEVAILLANT DE CORDAY, GAUTIER DE MESNIVAL, CORDAY D’ARMONT, J.-L. POLLARD, curé de cette paroisse des Lignerits. »

Source

  • Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday. 1861.
La chapelle du baptême de CharlotteLa chapelle du baptême de Charlotte | L'église du baptême de Charlotte | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA