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La fontaine Gavarni et le Carnaval de Paris

La lorette | Siren-Com / CC-BY-SA
Rue Quartier Fontaine La Nouvelle Athènes

Gavarni et sa fontaine

La fontaine de la place Saint-Georges date de 1911. Venez, on va s’approcher !

Savez-vous pourquoi elle s’appelle « fontaine Gavarni » ?

Parce qu’on trouve au sommet le buste de Paul Gavarni, mort en 1866.

Tiens, qui c’est ? Un dessinateur qui habitait le quartier.

Célèbre pour UNE chose. Avoir immortalisé la plus dingue, la plus chaude, la plus vibrante fête que Paris ai jamais connu : le Carnaval !

Le carnaval de Paris existe depuis le Moyen Age. Mais nous, ce qui nous intéresse, c’est le XIXe s, l’époque de Gavarni.


La fontaine

La fontaine | ©GFreihalter / CC-BY-SA

Un thème, le Carnaval

Et il y en a, des personnages qui y participent. Regardez la fontaine.

On y voit 4 visages emblématiques : un Arlequin, un Rapin, un Débardeur et une Lorette !

Des représentations uniques dans Paris, d’autant plus que le Carnaval disparaît en 1950.

Le Débardeur

Le Débardeur, c’est une femme qui porte un pantalon. Oui, bon. Normal, pour nous. Mais au XIXe s, que nenni !

Le Carnaval, c’est le seul moment de l’année où les dames peuvent en porter un. Sur autorisation spéciale de la police, hein. Car depuis longtemps, la femme doit cacher la moindre de ses courbes sous des tonnes de fanfreluches.

Alors là, en pantalon moulant, je ne vous raconte pas le degré d’érotisme… chaauuud !

La Lorette

La Lorette, elle, c’est la courtisane, qui doit son nom à l’église Notre-Dame-de-Lorette : son quartier de prédilection...

On lit dans La grande ville, nouveau tableau de Paris que le carnaval, c’est le règne de la lorette :

« La lorette regrette le carnaval passe pendant 5 mois, elle attend celui à venir pendant 5 autres mois. Pendant 2 mois, elle n’attend plus rien, ne regrette plus rien, elle ne s’occupe que du présent : il n’y a pas eu de passé, il n’y aura pas d’avenir.
« Détailler la vie de la lorette pendant ces deux mois de cataclysme universel serait chose impossible. Il n’y a plus de jour, plus de nuit. Le sommeil est retranché de l’existence. On boit, on mange, on danse, voilà tout. »


Car c’est la folie qui alpague Paris aux tripes et ne la lâche plus pendant des semaines ! On danse au son de la musique non-stop, dans les bals !

Le plus célèbre ? Le bal de l’Opéra, crée en 1715. Une des nombreuses activités du carnaval, à côté du cortège du Bœuf Gras ou de la promenade des masques.

Et un Bœuf Gras, un !

Le Bœuf Gras est un des plus célèbres épisodes du carnaval.

Une fête de 3 jours où les bouchers font défiler le plus beau des bœufs sur un char. Un bestiau maous choisi sur concours… pour sa puissance et sa graisse.

En 1846, Dagobert le bœuf pesait quand même un peu plus de 2 tonnes !


Le Boeuf Gras, 1846

Le Boeuf Gras, 1846 | ©Paris Musée - Musée Carnavalet / CC0


Et il fallait les voir, les chars : en 1897, raconte le Guide de Paris mystérieux (éditions Tchou), on en a 18 qui défilent : « char de la Charcuterie », « char des Crêpes », « char des Chrysanthèmes », « char de l’Exposition féline », « char des Rayons X », « char de l’Omnibus Automobile »…

On a là en fait une fête à symbolique chrétienne : car après les 3 jours de nouba, on tue le bœuf gras et hop, on fait carême.

Ce cortège a inspiré du monde : même Verdi avec sa Traviata en 1853 !

Un opéra dont l’action se passe à Paris, pendant le Carnaval. L’air Largo al quadrupede fait référence au Bœuf Gras.


©Cavalcade du Bœuf Gras, 1897

©Cavalcade du Bœuf Gras, 1897 | ©Paris Musée - Musée Carnavalet / CC0


À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !