L'Ombilic de Notre-Dame-en-Vaux

Le reliquaireLe reliquaire | ©Daniel Leclercq / CC-BY-SA

Les péripéties d'une relique sans pareille, aujourd'hui disparue.

Heureusement, le musée de Cluny expose le reliquaire de 1407, provenant de Notre-Dame-en-Vaux et ayant servi pour l’ombilic !

Une naissance ordinaire

Ce qui faisait la renommée de Notre-Dame-en-Vaux ? Une relique du Saint Ombilic ou... saint Nombril !

Le cordon ombilical de Jésus.

Qu’on se le dise : la conception du Christ a été miraculeuse, mais sa naissance a été d’une atroce banalité...

Oui, bébé Jésus est né comme n’importe quel homme. Donc, avec un cordon ombilical.

De main en main

Mais comment cette relique arrive à Châlons ?

La tradition raconte que l’empereur de Byzance l’offre à Charlemagne, qui à son tour, le donne à Rome.

Le pape Clément V l’offre finalement à l’évêque de Châlons, au début du 14e siècle.

Et puis... arrive ce jour de 1707 où Jean-Baptiste-Gaston de Noailles, évêque de Châlons-sur-Marne, détruit la précieuse relique.

Le reliquaireLe reliquaire | ©Marie-Lan Nguyen / Public domain

Sacrilège !

Noailles raconte qu’il la juge douteuse, cette relique.

Il la fait donc ouvrir et trouve :

« trois morceaux de taffetas rouge usés et percés, enveloppés les uns dans les autres, dans lesquels il ne trouva que trois petits morceaux de pierre, dont l’un était lisse, comme du gravier, de même couleur et de même dureté, les deux autres comme des éclats d’une pierre jaunâtre, graveleuse et friable, avec d’autres de très petit volume, de même qualité et de même couleur. »

Il fait examiner la relique par un médecin accoucheur, qui après l’avoir cassée entre ses dents, dit qu'elle n’a ni odeur, ni saveur.

Bref, il est incapable de déterminer de quoi il s’agit vraiment !

Si, il est certain d’un truc : ce n’est pas un morceau d’ombilic. Roh, une fausse relique !

Noailles l’emporte illico. Sacrilège ! Ça fait un scandale énorme.

Les fidèles, choqués, traînent l'évêque devant les tribunaux.

En attendant, la relique n'est jamais réapparue, jamais. Gaston l’aurait jetée au feu... irrémédiablement détruite !

Sources

  • Louis Grignon. Description et historique de l'église Notre-Dame-en-Vaux de Chalons. 1884.
  • Collin de Plancy. Dictionnaire critique des reliques et des images miraculeuses (vol. 3). 1822.