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L'évasion du duc de Beaufort

Quand : 31 mai 1648

Le duc de Beaufort | ©The Metropolitan Museum of Art / CC0
Château Emprisonnement Château de Vincennes

Parmi les prisonniers célèbres du donjon de Vincennes, on a le cardinal de Retz, le marquis de Sade, Mirabeau, Blanqui, Nicolas Fouquet… et le duc de Beaufort en 1648, surtout connu pour son évasion !

Qui est-il ?

François de Bourbon-Vendôme, c’est le petit-fils d’Henri IV !

Hé oui : le fils de César de Bourbon-Vendôme, rejeton que le roi a eu avec Gabrielle d’Estrées, sa maîtresse.

Donc, le cousin germain de Louis XIV ! Ca commence bien…

Avec la vie pleine de dangers et d’aventures qui l’attend, pas le temps de trouver une épouse : il est resté célibataire et sans enfants !


Le duc de Beaufort

Le duc de Beaufort | ©Austrian National Library (ÖNB) / Public domain

La Cabale des Importants

Qu’est-ce qu’il a fait pour se retrouver au trou au château de Vincennes ?

L'histoire commence en 1643, quand le duc devient le chef de la « Cabale des Importants », contre le cardinal Mazarin.

Complot qui se déroule à la mort de Louis XIII, en mai 1643, 6 mois aussi après celle de son ministre Richelieu.

Le nouveau roi, Louis XIV, est mineur : sa mère Anne d’Autriche prend la tête de la régence, appuyé par le nouveau cardinal, Mazarin.

Et là, les nobles râlent. Complotent, comme le duc de Beaufort et Marie de Rohan, les leaders.

Ils grognent, car Louis XIII et Richelieu avaient mis en place une politique de renforcement du pouvoir royal face aux nobles du royaume : Mazarin n'a pas l'air d'aller dans le sens de la noblesse non plus !

Leur but ? Assassiner le cardinal !


Château de Vincennes (Israël Silvestre, 1651)

Château de Vincennes (Israël Silvestre, 1651) | ©Rijksmuseum / CC0

Quid de l'évasion ?

S'évader, pourquoi pas ?

Au trou à Vincennes en septembre 1645, il va tout faire pour s’évader.

Pourtant, les conditions de détention sont royales : il a son valet et son cuisinier et il peut librement se promener dans la galerie couronnant le donjon.

Ca fait 3 ans qu’il y croupit, lorsque le 31 mai 1648, il trouve le moyen de se faire la belle.

Il a réussi à se mettre un garde, Vaugrimaut, dans la poche : en fait, c’est La Ramée, officier chargé de surveiller le duc, qui engage Vaugrimaut comme garde.

Erreur ! C’est en fait un agent et ami de Beaufort. Il lui fournit des cordes et d’autres choses nécessaires.

On prévoit que le 31 mai, vers midi, quand les gardes seraient en train de déjeuner, 5 hommes munis de cordes attendraient dans les fossés à un endroit convenu, plus 50 cavaliers planqués non loin de là.

Jour J

Le jour J, le duc fait une promenade à l’extérieur du donjon.

Vaugrimaut, quittant la table du déjeuner, rejoint le duc dans la galerie et neutralise La Ramée.

Le duc peut descendre le long de la corde : trop courte, il doit se laisser tomber et s’évanouit après sa chute de 4 m !

Revenu à lui, en piteux état, il rejoint les cavaliers et file se planquer au galop à Chenonceau, puis en Anjou.


L'évasion du duc de Beaufort

L'évasion du duc de Beaufort | ©Rijksmuseum / CC0

L'après évasion

Pardonné par le roi en 1653, le duc de Beaufort se remet sur les rails et on le charge du titre ronflant de Grand-maître de la navigation.

Il va faire la guerre en Méditerranée contre les Turcs.

C’est pendant le siège de Candie en 1669, en Crète, qu’il se fait tuer.

Et là, la légende commence. On ne retrouvera jamais son corps sur le champ de bataille. Disparu !

La légende dit que ce serait lui, l’homme au masque de Fer.

Deux, seulement !

Petit rappel : le château de Vincennes est la demeure des rois de France où ils viennent chasser.

Au XIVe s, on construit le donjon, le plus haut d’Europe : c’est lui qui va servir de prison royale dès le XVe s, jusqu’au XIXe s.

Le duc de Beaufort est un des seuls prisonniers à s’être évadé du donjon de Vincennes.

L’autre s’appelle Latude, en 1750. Remis au trou à La Bastille, il s’en échappe 3 fois !

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !