This website requires JavaScript.

L'étrange testament de la comtesse Demidoff

La tombe | ©Guilhem Vellut / CC-BY
Lieu de sépulture Cimetière du Père-Lachaise

Elisabeth Demidoff, née Stroganoff, a pondu la clause la plus farfelue jamais écrite dans un testament, à la fin du XIXe s : celui qui passerait 365 jours à ses côtés au cimetière du Père-Lachaise hériterait de son immense fortune...

Une comtesse russe

La baronne Stroganoff naît en 1779 à St-Pétersbourg. A 16 ans, on la marie au comte Demidoff, un industriel plus grosse fortune de Russie.

Séparée de son mari en 1812, elle s’installe en France pour mourir à Paris à 39 ans à peine, en 1818.

Un tombeau colossal

Ferdinando Quaglia, protégé de l’impératrice Joséphine, dont il réalise le portrait, imagine le gigantesque tombeau de la comtesse.

Un monstre de pierre sur trois étages, flanqué pêle-mêle de têtes de loups, d'hermines, de marteaux...

Autant de symboles rappelant l’origine de la fortune des Demidoff, propriétaires de mines d’or, d’argent et de cuivre dans la lointaine et immense Asie centrale…

Le fameux testament

Mais ce testament, alors ? On en entend parler la première fois en novembre 1896, dans le journal Le Temps.

Soit plus de 80 ans après le décès d’Elisabeth.

« C'est une légende, qui naquit, voilà quelques années, à la troisième page d'un journal boulevardier.
« On y racontait qu'une grande dame moscovite, immensément riche, s'était fait enterrer au Père-Lachaise. 
« La princesse avait déposé son testament chez un notaire de Paris et léguait la totalité de sa fortune (environ deux millions de roubles) à la personne de bonne volonté qui consentirait, pendant 365 jours et 365 nuits, à s’enfermer auprès de son corps dans la solitude du caveau, et à ne s’en éloigner sous aucun prétexte.
« La princesse désirait être veillée sans interruption. Elle ne s’opposait pas à ce que l’on fit à côté d’elle plantureuse chère. Mais il ne fallait point la quitter d’une seconde. Elle mettait cette condition expresse à ses libéralités. »


Une légende, un mythe ? Probablement !

L'article du journal précise :

« Cette fable fut reproduite un peu partout en France, en Europe, en Amérique. Le conservateur a reçu des milliers de lettres lui demandant des renseignements sur la féérique princesse, et s'inquiétant des conditions à remplir pour devenir son héritier. Et l'on continue de lui écrire. »

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !