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Juliette Dodu, héroïne de la guerre franco-prussienne

Tombe de Juliette Dodu | ©Parisette/ CC-BY-SA
Lieu de sépulture Cimetière du Père-Lachaise

Première femme à recevoir la Légion d’honneur et la médaille militaire ! Elle repose aujourd'hui au Père-Lachaise.

Mais qui est Juliette Dodu ?

Née en 1850 à Saint-Denis de La Réunion dans une famille berrichonne de l'Indre, elle travaille au bureau du télégraphe de Pithiviers, dirigé par sa mère.

Rudement pratique, le télégraphe.

Même en temps de guerre. La guerre contre les Prussiens...

Ils arrivent en septembre à Pithiviers.

Juliette, après avoir télégraphié un message annonçant leur arrivée, cache ses appareils dans l’idée d’empêcher l’ennemi de s’en servir.

Mais elle contine de s’en servir pour communiquer sur les avancements de l’ennemi…


Juliette Dodu (Odilon Redon, 1904)

Juliette Dodu (Odilon Redon, 1904) | ©Rijksmuseum / CC0


Une fois les Prussiens maîtres d’Orléans puis de Pithiviers, elle trouve le moyen d’intercepter leur communication et même d’établir une dérivation sur le fil électrique, de la fenêtre de sa chambre.

Découverte, arrêtée, condamnée à mort, elle aurait été fusillée, sans l’intervention du prince Frédéric-Charles, bluffé par tant de sang-froid et de patriotisme !

Elle reçoit la médaille militaire en 1877, puis la croix de la Légion d’honneur l’année suivante.


Le prince Frédéric-Charles graciant Juliette Dodu

Le prince Frédéric-Charles graciant Juliette Dodu | ©Musée de Bretagne / Public domain


Mais attention !

L’histoire est à prendre avec des pincettes !

Le rôle exact de Juliette n’a jamais été établi avec certitude…

Bien qu'un article du Figaro de 1877 fasse mention de l'histoire de la dame, on aurait en fait inventé cette affaire de télégraphe de toute pièce, à l’époque où la France, laminée par la Prusse, avait besoin d’un héros.

En l’occurrence, une héroïne, qui devient, et ça c’est vrai, la première femme à recevoir la Légion d'honneur, pour service militaire !

La maison du télégraphe de la mère de Juliette Dodu se trouve 4 place Denis-Poisson, à Pithiviers, mais ne se visite pas…

Les funérailles

Juliette meurt le 28 octobre 1909 à l'âge de 61 ans, chez son beau-frère le peintre Odilon Redon, à Clarens en Suisse.

Ses obsèques sont célébrées à 10 heures, dans la chapelle du Val-de-Grâce, le 30 octobre.

Le Journal du 31 octobre 1909 rapporte que « le cercueil disparaissait sous les couronnes » de fleurs.

« Au milieu d’une foule considérable émue et recueillie, la chapelle était trop petite pour contenir tous ceux qui avaient tenu à rendre un suprême hommage à la vaillante Française », dit L’Action française du 31 octobre 1909.

A 11 heures et demie, le cortège se met en route vers le Père-Lachaise.

La famille est en tête, suivie du représentant du ministre de la guerre, bien sûr, puis pêle-mêle « une délégation des officiers télégraphistes, l’Association des Dames françaises, des dames créoles avec leurs chapeaux »…

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !