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Josephine Baker fait un tabac au théâtre des Champs-Elysées

Quand : 4 octobre 1924

Josephine Baker | ©Austrian National Library (ÖNB) / Public domain
Salle de spectacles Joséphine Baker Théâtre des Champs-Elysées

Le 4 octobre 1924, c'est la première de La Revue Nègre.

Scandale ! Révélation, pour les autres !

Joséphine Baker, 19 ans, ébouriffe le tout Paris.

De New-York à Paris

Josephine vient de débarquer à New-York.

Toute une ville à dévorer, un monde à conquérir !

Après une enfance de misère à Saint-Louis dans le Missouri, Freda Josephine McDonald, puisque c'est encore son nom, quitte très jeune sa famille, pour tenter sa chance dans le monde de la danse.

L’amie du directeur artistique du théâtre parisien des Champs-Elysées ne tarde pas à remarquer la pétillante Josephine, devenue chorus-girl à Broadway.

Nous sommes en 1925. Il veut du sang neuf pour son théâtre en perte de vitesse !

Il voudrait engager une troupe afro-américaine et créer avec elle un spectacle musical unique...

Son nom ? La Revue nègre.

Josephine ? Elle en sera la star !


Josephine Baker

Josephine Baker | ©Austrian National Library (ÖNB) / Public domain

Jazz à gogo

Joséphine a 19 ans. Sur la scène du théâtre des Champs-Elysées, elle détonne !

Elle apparaît seins nus, une nuageuse ceinture de plumes à la taille.

Elle entame un charleston du tonnerre : on n’a jamais vu ça, croyez-moi !

Le spectacle se compose de tableaux évoquant le milieu afro-américain : plantation de coton du Sud, quais du Mississippi…

Un jazz-band accompagne la revue, avec le célèbre clarinettiste Sydney Bechet.

Frénétique, syncopé... Blues, charleston, ragtime s’enchaînent à un rythme dingue !

Le clou du spectacle ? Josephine, quasiment nue, dans le numéro dit de la Danse sauvage...


Josephine Baker

Josephine Baker | ©oakenroad / CC-BY

La presse électrisée

Le tout Paris adore cette première de la Revue, au théâtre des Champs-Elysées.

Tenez, regardons un peu ce qu'en dit la presse de l'époque !

La Liberté du 4/10/1925 :

« Chez Joséphine Baker, tout est d’une mobilité déconcertante : les bras, les jambes, le ventre, le nez, les yeux, tout est en mouvement de la façon la plus cocasse et la plus inattendue. »


Comoedia du 8 octobre 1925 :

« C'est un petit événement, dans l’histoire du music-hall parisien, que l'exhibition de cette troupe de comédiens, chanteurs et danseurs nègres que nous offre le Theâtre-Music-Hall des Champs-Elysées.
« Cet être inquiétant et agité, crâne étroit aux cheveux aplatis et cirés joues pleines et sombres frottées de rose large sourire qui a l'air de mordre, regard vif, jambes sveltes et spirituelles, est-ce une femme, est-ce un garçon ?
« Nous pouvons nous poser cette question, quand Joséphine Baker paraît en bon déguenillé, au premier tableau, et se livre à des démonstrations frénétiques, où toutes les ressources d'une culture acrobatique allant jusqu’à la dislocation viennent en aide, pour les porter a un perpétuel paroxysme, aux inspirations les plus audacieuses de la danse excentrique.
« Nous retrouvons cet androgyne. Dans une autre danse en costume masculin burlesque, jaquette noire et pantalon aux chevilles, qui nous rappelle telle danse fantaisiste ou triompha notre Mistinguett.
« Mais, dans plusieurs autres scènes, Joséphine Baker qui ne cesse, même quand elle passe au second plan, de se tenir en pleine action, se montre femme a n'en pas douter ; notamment dans cette « danse de sauvage » d'une audace extraordinaire, où, à peu près nue, elle mime la coquetterie et le plaisir, de tout son corps onduleux et nerveux, secoué de spasmes et de frissons... »


Le Matin du 14 octobre 1425 :

« C’est d’une saveur et d’une couleur prodigieuse. J. Baker souleva les acclamations d’une salle véritablement hallucinée. »
« La Danse sauvage est d’une hardiesse qu’aucun de nos metteurs en scène n’eut osée. »
« Toute cette fièvre parisienne se fondait en je ne sais quoi de langoureux et de caressant dans mon cerveau halluciné par cette revue nègre. »


Conclusion

Après la fin de la Revue nègre, en décembre 1925, Josephine Baker part en tournée avec la troupe en Europe, puis rompt son contrat.

En septembre 1926, elle inaugure aux Folies Bergères un nouveau spectacle dans lequel elle troque sa ceinture de plumes contre une mythique jupe de bananes...

Mais plus que sa carrière de danseuse et de chanteuse, on doit se souvenir de la résistante qu'elle a toujours été.

La jeune Américaine métisse marquée par les ségrégations raciales. La Française d'adoption recrutée par le contre-espionnage pendant la Seconde Guerre. La militante des droits civiques afro-américains, aux côtés de Martin Luther King...

Une femme engagée, attachante, qui s'est construite seule grâce à un talent sans pareil et un travail acharné !

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !