Gédéon Tallemant des Réaux, le papa des Historiettes, dans son château tourangeau

De 1619 à 1692

Le châteauLe château | ©Manfred Heyde / CC-BY-SA

Le propriétaire le plus célèbre du château des Réaux ?

Gédéon Tallemant des Réaux, l’écrivain des célèbres Historiettes, recueil d’anecdotes croustillantes sur les personnalités de son époque.

Un Rochelais à Paris

Gédéon Tallemant des Réaux naît au sein d'une riche famille de banquiers protestants de La Rochelle, en 1619.

Après La Rochelle, direction Paris, pour le jeune Tallemant.

Il fréquente le salon ultra mondain de l’hôtel de Rambouillet, où tout le gratin se retrouve pour discuter.

C’est là qu’il glane la base de ce qui va devenir ses Historiettes ! Des ragots...

Tallemant et ses Historiettes

Le potin du Grand Siècle

Aaaah, sans Tallemant… L’Histoire de France serait bien fade !

Splendeurs et misères des grands de ce royaume, rien ne lui échappe sous sa plume : la crasse, les vices, les défauts, tout ce qui fait, en bien ou en mal, la nature humaine.

Son œuvre s’appelle les Historiettes.

Un recueil écrit en 21 ans rassemblant anecdotes, faits divers, portraits croustillants et véridiques de personnalités marquantes, entre la fin du règne d’Henri IV et l’avènement de Louis XIV.

Du potin, du vrai ! C’est lui qui fait passer à jamais Henri IV pour un coureur, Louis XIII pour un homosexuel, Marie de Médicis pour une cruche mal dégrossie.

Le fameux Grand Siècle, ce 17e siècle de Louis XIV, en prend aussi pour son grade !

Des historiettes d'abord censurées !

Alors après une publication clandestine, on imprime le livre pour la première fois au milieu du 19e siècle.

Scandale ! Sous les dorures des rois, la crasse qui fait tache !

Du coup, l’éditeur censure tous les passages carrément crus, où règne une sexualité débridée.

Même avec ça, le livre fait scandale…

Il faut attendre 1960, pour que la Pléiade publie les 2 tomes dans leur version complète.

Tallemant des RéauxTallemant des Réaux | ©Austrian National Library (ÖNB) / Public domain

Histoire d’un nom : du Plessis-Rideau aux Réaux !

En 1650, Tallemant achète le château des Réaux pour la somme de 115 000 livres.

Qui ne s'appelle pas encore Réaux, mais Plessis-Rideau ! C'est important pour la suite.

Mais en même temps, la famille de Tallemant doit vendre la terre familiale des Réaux, en Bourbonnais, dont notre Gédéon tient son nom.

En s'en séparant, il perd tout droit de le porter...

Mais il existe un moyen de conserver son patronyme !

Il faut obtenir du roi qu'il change le nom du nouveau domaine, le Plessis-Rideau, en celui des Réaux. Moyennant finances, le souverain accepte en juin 1653 !

Les malheurs d'une famille

Protestant, le mot est lâché ! Vous vous souvenez que Gédéon naît dans une famille protestante ?

C’est ce qui va gâcher sa fin de vie : la répression des protestants en France, qui aboutit à la signature de l’Édit de Fontainebleau, en 1685.

Avec ce bout de papier, Louis XIV révoque l’Édit de Nantes d’Henri IV : les protestants n'ont plus de liberté de culte !

Une chose un peu bête, car à l’époque, la majorité de l’élite et des commerçants est protestante, ce qui provoque un exil massif à l’étranger... bref !

Vers 1660, les difficultés financières commencent pour Tallémant, puis des déchirements religieux.

Son épouse se convertit au catholicisme et file s'enfermer dans un couvent, une de ses filles imitant bientôt sa mère.

Un crève-cœur ! Son autre fille, Charlotte, refuse d'abjurer : on la forcera à l'exil, hors de France...

La fin de Tallemant

Tallemant meurt dans sa maison parisienne de la rue Neuve-Saint-Augustin, le 10 novembre 1692. Il a 73 ans.

En 1684, il avait été obligé d’abjurer. Un geste peut-être intéressé, puisqu’il bénéficie après coup d’une pension de 200 livres, lui qui avait perdu beaucoup d’argent !

Sources

  • Michaud. Biographie universelle ancienne et moderne (tome 40). 1854.
  • Eugène et Émile Haag. La France protestante ou vies des protestants français (tome 9). 1846.
  • M. de Monmerque. Notice sur Tallemant Des Réaux, sur sa famille et sur ses mémoires. 1836.
  • Encyclopédie Châteaux Passion. Éditions Atlas, 2001.