Zapoï ! Les cuites mémorables du tsar Pierre le Grand au château de Fontainebleau

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Le tsar Pierre le Grand - ©Rijksmuseum / CC0 Le tsar Pierre le Grand - ©Rijksmuseum / CC0
Château de Fontainebleau Château Festivités

Zapoï. Méga cuite à la russe pour le plus puissant des tsars, Pierre le Grand. Un tsar en visite au château de Fontainebleau, qui se lâche complètement.

Zapoï. Le mot russe pour désigner une beuverie extrême qui peut durer des jours et où on finit dans un état lamentable... la-men-table, hein, croyez-moi, vous n’allez pas en revenir !

La Russie, c'est moi !

Pierre le Grand ? Fondateur de la ville de Saint-Pétersbourg, la capitale de son empire. Tsar de Russie en 1682, empereur de toutes les Russies en 1721. C’est lui qui fait du pays une immense puissance à l’égal des autres pays européens. Le fondateur de la Russie d’aujourd’hui, en bref.

La Russie devient une super puissance, oui, mais Pierre est un tyran. Qui opprime les paysans. Le changement vers la modernité ne se fait pas comme dans du beurre... Pierre le Grand est un conquérant qui a soif de pouvoir. Il est ambitieux, démesuré, insatiable. Extrême, quoi.

Et là... paf, le drame arrive, à Fontainebleau... la cuite du siècle ! Comment tout ça avait commencé, déjà ?

Le tsar en goguette

On va revenir à l'origine de la cuite, d'accord ? Tout commence par un voyage.

Pierre adore l’Europe. Déjà, en 1697, il prend la tête de la « Grande Ambassade », à destination de l’Europe. Pour faire quoi ? S’imprégner de toutes les cultures présentes pour en rapporter le meilleur en Russie et européaniser son pays.

Rebelote les 30 et 31 mai 1717 : Pierre débarque en France pour signer un projet d’alliance contre la Suède et un traité de commerce. Le tsar veut tout voir, tout visiter. Il arrive incognito... avec une soixantaine de personnes. A Versailles, il rencontre le tout jeune Louis XV.

Fumées de vin évaporées et nettoyage de culotte

Mais l’étiquette, ça saoule vite Pierre. Qui demande à la laisser de côté pour pouvoir se détendre. OK ! Et là, à Versailles, Marly ou Fontainebleau, c’est orgies sur orgies.

Ce n’est pas nous qui le disons, c’est le bouquin Fous couronnés (A. Cabanès, 1914) : à Versailles, Pierre manque de respect à tout le monde, le roi doit le menacer de le flanquer au trou à La Bastille pour qu’il se calme.

A Fontainebleau, il mange tellement que le duc d’Antin ne veut pas monter avec lui dans le carrosse, pour la balade digestive... de peur que... enfin, à cause des cahots de la voiture, quoi... vous voyez. Et ce qui doit arriver arrive.

Beurk.

Du coup, à Petit-Bourg, à quelques kilomètres de Fontainebleau, deux femmes du village doivent lui nettoyer le fond de culotte !

Mais autant écouter Jean Buvat dans le tome 1 de son Journal de la Régence, qui vous racontera ça tout bien croustillant comme il faut :

« Le 31, il (Pierre, ndlr) fut encore à Petit-Bourg, où M. le duc d'Antin le régala splendidement comme la première fois. Le lendemain, il fut à Fontainebleau, où il trouva le vin si bon qu'il s'enivra comme il avait fait à Petit-Bourg.

Etant sorti de table et retiré dans la chambre où il coucha, il se fit encore apporter 4 bouteilles de vin de Champagne qu'il but avec son vice-chancelier et le prince Kourakin, avant de se mettre au lit.

Le lendemain, après avoir parcouru les beautés du château de Fontainebleau, il se mit à table, où il s'enivra de même, de sorte qu'il fallut se mettre en quatre pour le porter dans le carrosse qui devait le ramener à Petit-Bourg.

Le duc d'Antin prévoyant ce qui allait arriver, monta dans un autre carrosse. Dans la traversée de Fontainebleau à Petit-Bourg, le tsar, qui avait bu et mangé avec excès à dîner, s'endormit et vida ses entrailles dans sa culotte.

Il fallut le descendre du carrosse comme on l'y avait mis, les fumées du vin n'étant pas encore évaporées de son cerveau. On fit venir deux femmes du village pour le nettoyer ; on le mit au lit, où après avoir achevé sa cuvée il se fit habiller. On se mit à table, et il recommença à se remplir le ventre. »

Après un passage par la Belgique, Pierre rentre à Saint-Pétersbourg en octobre 1717... On se demande bien ce qu'il a pu rapporter comme souvenir, de son séjour en France, pas vrai ?


Et encore !