Une princesse russe en Bretagne

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Le château - ©Julien1978 / CC-BY-SA Le château - ©Julien1978 / CC-BY-SA
Château de Kériolet Château Histoire d’amour Zénaïde Narychkine

Zénaïde et Charles : coup de foudre !

Un château de conte de fées, Keriolet ? Presque ! Celui que fait construire vers 1840 la princesse russe Zenaïde Narychkine, alors exilée en France, qui découvre la Bretagne grâce à la princesse Mathilde (cousine de Napoléon III). Zenaïde naît en 1809 dans une noble famille russe, immensément riche (plus riche que le tsar, dit-on).

C’est la mort de son premier mari, le prince de Youssoupov, qui l’a menée en France. Bien installée non loin de Paris, elle mène une vie des plus confortables... jusqu’à ce beau jour où son amie Mathilde donne un bal dans son hôtel particulier. Une rencontre va changer sa vie ! Là, lorsque ses beaux yeux sombres croisent ceux de Charles de Chauveau.

Oh, elle a 60 ans, lui 30, il n’est pas noble, il est membre du conseil général du Finistère... tant pis ! Un coup de foudre vient de les frapper tous les deux en plein cœur. Zenaïde l’aimera plus que tout : elle l’épouse, lui achète des titres de noblesse et hop, le voilà comte. Et la voilà qui lui achète les terres de Keriolet, sur cette terre bretonne qu’elle aime tant...

Ours russe et bureau de Mirabeau

De 1862 à 1883, Joseph Bigot se charge du chantier. Et quel chantier ! Imaginez un peu, l'architecte doit concevoir un château gothique dans le goût troubadour de l'époque, avec des éléments empruntés à différents monuments : une pincée du château de Josselin par ici, une pincée de Blois par là...

C'est un Moyen-Age idéalisé, avec ses douves, ses tourelles, ses inscriptions cyrilliques... et ce petit ours sculpté en hauteur, tourné vers l’Est, vers la Russie ! A l’intérieur, on reconnaît les goûts sûrs de la femme du monde, cultivée, qui parle couramment anglais, français et allemand : Zénaïde collectionne les pièces les plus étonnantes et transforme les pièces du château en un petit musée !

Son lit, par exemple, est celui de la tragédienne Rachel, de la Comédie-Française, le bureau celui de Mirabeau... Une petite tour porte le nom de « tour Marie-Jeanne », du nom de la cuisinière du comte. On apprend pendant la visite qu’elle aurait eu une liaison avec le comte !

Après 20 ans de travaux et près d'un million de francs or dépensé sans compter pour sa demeure, Zénaïde pensait enfin profiter de son château. Mais son Charles meurt tout juste après leur installation... Décédée à son tour en 1897, la princesse lègue Kériolet au département du Finistère : son vœu le plus cher serait de transformer sa demeure en musée. Mais rien ne se passe comme prévu...


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