Une pointe de mystère à La Napoule : le rêve éveillé des Clews

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Marie et Henry Clews - ©shimown / CC-BY-SA Marie et Henry Clews - ©shimown / CC-BY-SA
Château de la Napoule Château

Même si La Napoule a de très vieilles origines, le château actuel date du XXe s ! Siii, je vous jure : entièrement reconstruit par Henry Clews, un artiste américain qui achète une vraie ruine en 1918...

Henry Clews (1876-1937). Voilà notre homme. L’héritier de la grande fortune de son banquier de père new-yorkais, l’émigré anglais qui a bâti son empire à Wall Street. Henry, les affaires, ça ne le passionne pas plus que ça.

C’est un artiste ! A lui la vie de bohème... Hop, il quitte son pays pour la France : Paris, puis la Côte d’Azur. Là, coup de foudre pour La Napoule, pourtant en ruine. Il l’achète en 1918 et s’y installe avec sa jolie épouse Marie et Mancha, leur jeune fils (Mancha à cause de Don Quichotte, dont Henry est fan).

Allez, les Clews ! Vous avez du pain sur la planche ! Chacun apporte sa petite touche. Marie est architecte : elle recrée un jardin méditerranéen entre les murs de la forteresse. Henry, sculpteur à ses heures perdues (son grand copain Rodin le conseille), ajoute mâchicoulis, murs crénelés, cloître gothique ainsi que d’hallucinants décors intérieurs, entre rococo et gothique.

Partout, il met ses petites touches excentriques ! Siii, regardez : au-dessus de la porte d’entrée, on a la phrase Once upon a time (« Il était une fois ») ou Myth-Mystery-Mirth, « Mythe, mystère, allégresse »... Et ce n’est pas fini.

Imaginez les fêtes les plus flamboyantes jamais données sur la côte ! Les Clews savent y faire : le comte Kessler, qui comme tous les aristocrates européens de l’époque aime venir sur la Côte d’Azur, raconte une soirée au château.

Un Henry tout de soie blanche vêtu le reçoit, aux côtés d’une Marie déguisée en Dame de la Nuit. Oh ! Et les deux bulldogs blancs de la maison se tiennent derrière eux au garde à vous !...

Mais les Clews se mêlent aussi aux gens du coin : ils leur ouvrent même la chapelle castrale. D’ailleurs, Marie apprend le français et finit par le parler couramment, Henry... beaucoup moins. Voilà : ils passent donc près de 18 ans à tout restaurer au milieu de leur petite ménagerie comprenant paons, biches et flamants roses blancs. Un rêve éveillé, quoi ! A la mort d’Henry en 1935 puis celle de Mary en 1955, la fondation Clews ouvre ses portes au château.


Et encore !