Une éxécution sur la Grand' Place de Monpazier

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La place principale - ©MOSSOT / CC-BY-SA La place principale - ©MOSSOT / CC-BY-SA
Cité médiévale de Monpazier Cité médiévale Révolte Exécution

Août 1637. Une éxécution a lieu ce matin, sur la Grand' Place de Monpazier.

Regardez. La victime avance jusqu’à l’échafaud.

Dans un silence de mort. Seulement troublé par les cris stridents de quelques hirondelles.

Le dur soleil d’été frappe déjà bien fort, sur les têtes des gens venus nombreux assister au calvaire.

La victime ? Elle s’appelle Julien Buffarot...

Son crime ? Etre croquant.

La noblesse qui croque : à l'origine des Croquants

La révolte des Croquants, c’est une rébellion populaire, dans le Sud-Ouest de la France, au XVIIe s.

L’origine du nom ? L’historien Palma Cayet raconte :

« Au commencement, on appela ce peuple mutiné les tard-avisés, parce que l’on disait qu’ils s’avisaient trop tard de prendre les armes, vu que chacun n’aspirait plus qu’à la paix.

Et ce peuple appelait la noblesse croquants, disant qu’ils ne demandaient qu’à croquer le peuple. Mais la noblesse tourna ce sobriquet croquant sur ce peuple mutiné, à qui le nom de croquants demeura. »

Le peuple en a gros, à l’époque. Pourquoi ? A cause des taxes. De lourdes taxes créées pour que môssieur le roi Louis XIII aille faire la guerre en Espagne... hé oui : ça coûte cher, la guerre.

La révolte commence dès 1637, dans le Périgord, avant de s’étendre dans les départements voisins.

C’est ce dont parle le célèbre bouquin d’Eugène Le Roy, Jacquou le Croquant (1899). Vous connaissez peut-être ?

Un vent de rébellion sur le Périgord

Des armées se soulèvent...

Ce n’est pas vraiment un mouvement anti-monarchie, mais bien un ras-le-bol face aux taxes toujours plus lourdes, et au pouvoir des seigneurs sur les petites gens, toujours plus puissant et oppressant.

Alors, les croquants vont agresser les percepteurs d’impôts et piller les châteaux.

Les autorités finissent par arrêter les principaux chefs, direction l’échafaud.

C’est ce qui arrive à Julien Buffarot, notre pauvre condamné à mort.

Le tisserand natif des environs de Monpazier devient chef d’une grosse bande armée qui pille la région. Jusqu’à ce qu’on l’arrête.

Et ce matin du 6 août 1637, il se fait exécuter à Monpazier. Roué vif. La révolte de ses frères croquants, elle, se fera bien vite étouffer...


Et encore !