Un attentat contre Napoléon III à l'origine de l'Opéra-Garnier

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L'attentat d'Orsini - ©The British Library / Public domain L'attentat d'Orsini - ©The British Library / Public domain
Opéra Garnier Salle de spectacles Napoléon III Eugénie de Montijo

Un attentat à l’origine de l’Opéra-Garnier ? Oui ! Tout commence avec un autre drame : l’assassinat du duc de Berry en 1820, à la sortie de l’Opéra de la rue de Richelieu (1er et 2e arr).

Brrr, souvenir sanglant ! On détruit la salle, et Paris se retrouve sans opéra. Vite, on reconstruit une salle, en 1821 : l’opéra Le Peletier, situé dans la rue du même nom, dans le 9e arr.

Avant sa destruction par un incendie en 1873, c’est une salle super courue, bien qu’elle soit située dans un quartier mal famé, un vrai coupe-gorge...

Mais c’est aussi l’endroit où l’empereur Napoléon III et sa femme Eugénie échappe à l’attentat de Felice Orsini, le 14 janvier 1858.

La situation tendue de l'Italie... et les Français dans tout ça ?

Un attentat. Qui a rapport avec l’Italie. Tiens ! Ké passa en Italie, à l’époque ?

Hé bien, c’est le bazar. Le pays est coupé en deux : le nord régi par les Autrichiens (héritiers des Habsbourg et de Charles Quint) et le centre sous l’autorité du pape.

Mais on aimerait bien que ça change. Une p’tite réunification en perspective ? Pas sûr. Les Italiens pensent compter sur la France du neveu de Napoléon Ier, Louis-Napoléon (futur Napoléon III).

En attendant, dès 1848, des combats éclatent, des rébellions contre l’occupation autrichienne. Mais pendant 10 ans, l’Italie reste occupée par les Autrichiens, et la France semble finalement s’en foutre royalement.

Les « patriotes » sont déçus. Un plus que les autres, apparemment. Son nom ? Felice Orsini, 35 piges. Pas content du tout, de se sentir trahir par les Français. Alors, l’idée d’un attentat vengeur contre Napo germe dans sa petite tête...

14 janvier 1858, le jour J pour Orsini

L’explosion vient de souffler les jambes des chevaux. Des hurlements stridents éclatent à droite, à gauche. Du sang. Partout. Horreur !

3 bombes viennent d’éclater dans la rue Le Peletier, au moment du passage de la calèche impériale : lancées à tour de rôle par les 3 complices d’Orsini. Orsini, lui, en balance une, mais pas la 2nde prévue... Pourquoi ? La 1ere l’a touché à la tête et l'a complètement estourbi...

Les explosions font une dizaine de morts et près de 200 victimes. Toutes les vitres de la rue Le Peletier ont été soufflées. Le couple impérial, lui, s’en sort sans un bleu. Ou presque : Eugénie a été éjectée de la voiture et on la retrouve la choucroute de traviole, couverte de sang sur le trottoir.

Woah ! On remerciera le concepteur du carrosse qui avait installé d'épaisses plaques d’acier sur les côtés...

Dès le lendemain, Napoléon prend la décision de faire construire un nouvel opéra dans un endroit plus aéré, moins coupe-gorge, pour éviter ce genre de truc... Et hop : un certain Charles Garnier se lance dans la construction de l’opéra actuel dès 1861.

Orsini, lui, s'était fait exécuter le 13 mars 1858...


Et encore !