Toussaint Louverture, du soleil d'Haïti à l'enfer du Jura

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T. Louverture - ©ÖNB / Public domain T. Louverture - ©ÖNB / Public domain
Château de Joux Château Destin tragique Emprisonnement Toussaint Louverture

Quel trou !

Dans une geôle aussi sinistre que celle où Berthe a plongé dans la folie, un petit homme noir y a perdu ses rêves et jusqu’à sa vie... Toussaint... Toussaint-Louverture, c’est son nom !

Né à Saint-Domingue (actuelle Haïti), esclave affranchi, François-Dominique Toussaint-Louverture devient le chef de l’insurrection de l’île dès le début de la Révolution. Il a entendu qu'une certaine Bastille a été prise, en France... et ça lui a donné des idées.

Une fois l’esclavage aboli en 1794, il chasse les Anglais de l’île, aux côtés des Français. Mais Bonaparte le fait arrêter en 1802 puis enfermer à Brest, puis au fort de Joux. Bon, déjà, passer d’Haïti à Brest, c’est pas folichon, mais alors de Brest au Jura...

On est en plein hiver, la température descend facilement en-dessous de zéro. L’arrivée de Toussaint a dû être horrible ! Il faut tout payer, en prison, son chauffage y compris. Et dans les geôles glaciales où hurle le vent givré, il va en avoir plus que besoin... Il manque de tout.

L’enfer sur terre

La prison fait 9 m de long sur 4 de large, avec un plafond bas. Un lit inconfortable, une commode, une petite table avec deux chaises, voilà ses maigres biens. Une mince fente lui prodigue une faible lueur. Lui qui avait vécu au soleil toute sa vie !

Et encore, son geôlier, féroce, lui enlève encore un peu de cette précieuse lumière, en mettant en place un système de plaque qui coulisse, qu’on ferme avant la tombée de la nuit... Autant dire qu’on est dans le noir total ! Sans oublier cette maudite flotte qui suinte de partout : à force, on est les pieds dans l’eau tout le temps...

Voilà les conditions de détention du pauvre Toussaint... terribles ! L’enfer sur terre. Tellement terribles qu’il ne passe pas son premier hiver : il meurt un jour gris d'avril 1803, retrouvé assis sur une chaise, la tête appuyée contre la petite cheminée. Mort d’une pneumonie, comme c’est étrange ! On l’enterre à l’intérieur du fort. Quelques mois plus tard, au début de l'année 1804, Haïti obtenait son indépendance...

Toussaint n’a pas été le seul de son île à connaître le sinistre Joux : Jean et Zamor Kina, un père et son fils originaires de Saint-Domingue et qui ont lutté pour son indépendance, sont enfermés entre 1802 et 1804 : sur quoi ils demandent à se faire enrôler dans un régiment à Toulon... tout, plutôt que de rester dans l'enfer de Joux !


Et encore !