Terribles ! Les derniers moments du prince de Talmont à Laval

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Le château - ©Romain Bréget / CC-BY-SA Le château - ©Romain Bréget / CC-BY-SA
Château de Laval Château Exécution Destin tragique Révolution Française

Le dernier La Trémoille

Allez. Imaginez. Vous êtes à Laval, pendant la Révolution Française. Vous la voyez, cette tête sanglante, les traits déformés par l’horreur, fichée au-dessus de la porte d’entrée ? Terrible. Les gens passent sans la voir, mais nous, on ne peut pas détacher le regard de cette vision d’horreur...

A l’époque, la forteresse appartient aux derniers seigneurs de Laval, les La Trémoille. Aah, voui ! Les fiers La Trémoille, la très grande famille qu’on avait rencontrée à Thouars, vous vous souvenez ? L’un d'eux, Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont, devient le chef de l’armée royale pendant les guerres de Vendée.

Des guerres sanglantes

A l’époque de la Révolution Française, ces guerres contre-révolutionnaires embrasent tout l’Ouest de la France. Les gens, majoritairement des paysans, refusent de donner leur sang pour la Révolution, qu’ils n’ont jamais vraiment accepté.

Eux sont attachés à la royauté. Alors, quand le nouveau pouvoir ordonne d’enrôler 300 000 hommes pour faire face aux armées de monarchies européennes qui menacent d’envahir Paris, les Vendéens refusent.

Et hop, c’est l’émeute ! Suivie de la guerre. L’armée royale et catholique se forme, avec des leaders mythiques comme Cathelineau, d’Elbée, Charrette... et La Trémoille. Arrêté après une longue bataille, il ne s’avoue pas vaincu. Il lance, lors de son 1er interrogatoire :

« Je suis le prince de Talmont. 88 combats avec les Bleus (les troupes républicaines, ndlr) ne m’ont pas effrayé, je saurais mourir comme j’ai vécu. »

Le représentant du peuple lance: « - Tu es un aristocrate et moi un patriote. » Antoine répond : « - Fais ton métier, je fais mon devoir. »

Le couperet tombe

Et voilà. Talmont finit guillotiné devant le château de ses ancêtres... Il a 28 ans. La scène se passe un soir glacé de janvier 1794, à la lueur lugubre de quelques bougies. L’échafaud a été dressé à la va-vite devant l’entrée du château de Laval. Il y monte, serein.

Ses derniers mots ? « Vive le roi ! » Juste avant que le couperet ne tombe... Sa tête subit les pires outrages... jusqu’à finir au bout d’une pique, exposée au-dessus de la grille d’entrée du bâtiment. Deux jours plus tard, on enterrait le « trophée » dans la cour intérieure.


Et encore !