Sermons et pot-de-chambre : 3 choses à savoir sur Bourdaloue, enterré à l’église Saint-Paul de Paris

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La tombe de Bourdaloue, église Saint-Paul-Saint-Louis - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA La tombe de Bourdaloue, église Saint-Paul-Saint-Louis - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA
Eglise Saint-Paul-Saint-Louis de Paris Eglise paroissiale Louis XIV

Tiens, une plaque. Oh, quelqu’un est enterré là, à Saint-Paul-Saint-Louis ! Oui, Louis Bourdaloue, mort en 1704. Le super célèbre prédicateur jésuite, qui fait ses débuts ici à Saint-Paul dans le Marais, en 1669, où il enflamme l’église avec ses sermons passionnés.

Mais saviez-vous qu’il va jusqu’à menacer Louis XIV le chaud lapin et qu’une histoire de pot-de-chambre se cache derrière son nom ?

1 - Des sermons à guichet fermé

Louis naît à Bourges en 1632. Le p’tit curé de province déboule à Paris en 1669. Le Berrichon s’installe rue Saint-Antoine chez les Jésuites, en 1699, dans l’actuelle église Saint-Paul-Saint-Louis. C’est un orateur né. Quasi une rock star, il fait fureur à la cour : « roi des prédicateurs, prédicateur des rois », disent les courtisans de lui...

Sa fan absolue ? La marquise de Sévigné ! Il faut voir le monde qui déboule dans l’église du Marais pour l’écouter ! Des sermons enflammés, théâtralisés, qu’il déclame comme un acteur. Dès 5 h du matin, les bourgeois et les nobles envoient leurs domestiques réserver des places pour le sermon de l’après-midi, à 15 h !

Non, mais sans blague... Mais Bourdaloue n'oublie pas les petites gens qui se mêlaient dans le public : « Vous qui tenez dans le monde les premiers rangs, et vous qui vous trouvez réduits aux derniers, vous que vos conditions distinguent, et vous qu’elles ne distinguent pas, grands et petits, riches et pauvres, car je suis redevable à tous, écoutez-moi. »

2 - L’adultère, c'est moche

Louis Bourdaloue s’enflamme facilement. Même avec le roi Soleil. On dirait qu’ils ont gardé les cochons ensemble, non mais ! Alors, vous imaginez le jour où il lui fait un sermon sur l’adultère, pendant le Carême de 1675... On lit ça dans Notice biographique sur le père Bourdaloue, (J.-P. Chevalier de Saint-Amand, 1842).

Louis sort avec Mme de Montespan, à l’époque. Une maîtresse de plus dans le lit du roi chaud lapin. Bourdaloue veut marquer l’esprit de Louis, comme quoi, bouh, l’adultère, c’est mal. Il lui sort alors la phrase biblique Tu es ille vir, « Tu es cet homme-là ».

Rapport à David, amoureux adultère de Betsabée, femme d’un de ses officiers. Il veut l’épouser, alors il fait assiéger la ville où elle vit et tuer son mari. Colère, Dieu envoie à David le prophète Nathan qui lui raconte l’histoire d’un riche plein de brebis et d’un pauvre qui n’en a qu’une. Le riche reçoit un étranger chez lui, mais au lieu de lui servir ses animaux, il tue l’unique brebis du pauvre.

Tu es ille vir. « Tu es cet homme », lance Nathan. « Adultérin et meurtrier. »

Bourdaloue glapit cette phrase plusieurs fois. D’un ton terrible. En sortant de la chapelle du château de Versailles, le roi demande ce que le prédicateur a bien voulu dire. « Tu es cet homme-là », finit par lui dire un des courtisans. Quand on sait le poids qu’avait la religion à l’époque, ça a dû marquer ce pauv’ Louis XIV... qui s’est brusquement calmé dans ses relations extra-conjugales, paraît-il !

3 - Le pot-de-chambre de ces dames

On connaît Bourdaloue pour au moins un truc, plutôt marrant, d’ailleurs : le nom qu’il a laissé à un pot-de-chambre ! Un pot-de-chambre allongé et portatif, réservé aux dames. Oui, les sermons de Bourdaloue sont interminables.

Et ces dames, à un moment donné, sont prises d’un petit besoin pressant. Elles devaient se retenir, se retenir... si elles ne voulaient pas s’absenter et rater ses discours passionnants. Sauf avec le bourdaloue. Sauvées !


Et encore !