Scandale et attentat autour de la Danse de Carpeaux à l'Opéra Garnier

Vinaigrette 0
La Danse de Carpeaux, Opéra Garnier - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA La Danse de Carpeaux, Opéra Garnier - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA
Opéra Garnier Salle de spectacles Scandale

Vous voyez la statue de la Danse, sur la façade principale de l’Opéra Garnier ? Jolie, non ? Elle a été réalisée par le sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux, en 1868. Et autant dire qu’à l’époque, cette statue a fait un sacré raffut. Un bon gros scandale ! Et un attentat, en prime...

Le scandale des chairs molles

On a les détails dans les écrits de l’époque, surtout le bouquin de C.A. de Salelles, Le groupe de la Danse jugé du point de vue de la morale. Il décrit le groupe, avec ce môssieur tout nu au milieu qui provoque de son regard cochon des dames très largement dévêtues. Des dames qui se trémoussent, avec des poses suggestives.

Elles excitent même le passant du regard, les vilaines !… Le désir transpire de partout. C’est torride, mais à un point… Ca, c’est ce que dit la morale de l’époque, quand elle décrit le groupe de Carpeaux. Les « chairs flasques, molles et usées, aux seins tombants, au ventre plissé » choquent.

« Elles sentent le vice et puent le vin ». Mettre ça sur la façade de l'Opéra, ça ne va pas bien ?? Dans un lieu convenable comme tout, où la bourgeoisie (toute propre sur elle, bien sûr) se fait des mondanités, c’est sale. Beeerk, immoral.

On ne critique pas le talent de Carpeaux, mais bien le fait qu’il expose, devant femmes et marmots, autant de miches et de poitrails enfiévrés ! C.A. de Salelles conclue qu’il faut que le groupe disparaisse de la façade...

Attentat contre la Danse !

Un attentat ? Oui ! Des petits c** jaloux du talent de Carpeaux prennent pour prétexte la nudité et l’indécence des statues... et filent en douce, dans la nuit du 27 août 1869, balancer des bouteilles d’encre sur la pierre !

La tache effacée, un arrêté ministériel de la fin de l’année 1869 ordonne que le groupe se fasse déménager au plus vite à l’intérieur de l’Opéra Garnier. Cachez ce sein que je ne saurais voir, comme disait l'autre...

A la place, on commande un nouveau groupe au sculpteur Gumery… qui passe l’arme à gauche sans avoir fini son boulot. Sauvé ! L’originale de la Danse (avec sa tache d’encre nettoyée) se trouve aujourd’hui au musée d’Orsay. La copie de l’Opéra ? On la doit à Paul Belmondo (voui, le sculpteur, papa de l’acteur) !


Et encore !