Savary de Mauléon, le troubadour de Talmont

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Château de Talmont-Saint-Hilaire Château Histoire d’amour Savary de Mauléon

Un nom qui vaut cher

En 1152, boudiou, rien ne va plus ! Peut-être à cause du passage du Poitou sous domination anglaise, avec le mariage d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri II Plantagenêt ?

Un royal wedding qui pousse Raoul de Mauléon, le nouveau seigneur de Talmont-Saint-Hilaire, à ajouter une seconde enceinte au château... Celui-ci devient en tout cas un des mieux fortifiés de son temps ! Parmi les Mauléon, on a Savary, le petit-fils de Raoul : seigneur de Talmont comme son papi mais aussi troubadour !

« Son nom seul valait une armée », dit une chronique de l’époque. Un poète galant et très brave seigneur du Poitou, donc, mais aussi conseiller des rois d’Angleterre : dans une région alors partagée entre Capétiens et Plantâgenets, il passe d’un camp à l’autre dès qu’il sent le vent tourner, calculant toujours au plus près pour ses intérêts.

Aaah, l'amour...

Et ses poèmes ? Il en reste peu, aujourd’hui, quelques tenson, ces chansons occitanes qui se présentent sous la forme de dialogues, de débat sur l’amour... Mais, oui, c’est qu’il en a des choses à dire, Savary de Mauléon, sur l’amuuur !

Il aime la belle Guillemette de Bénauges, noble dame de Gascogne, qu’il a croisée pendant son séjour en tant que sénéchal de la région. Cour, cadeaux, poèmes... il donne sans compter à la belle, mais lui ne reçoit pas grand-chose. Bon, alors, tu m’aimes, ou pas, ma mie ? questionne Savary. Peut-être, disait-elle à chaque fois... Et à chaque fois qu’il venait en Gascogne, elle le faisait languir, lui promettait des choses...

Loin de se décourager, Savary persévère, et espère ! Mais ce qu’il ne savait pas, c’est que la belle jouait ainsi avec deux autres troubadours, les frangins Elie et Geoffroy Rudel. Un jour, ils se retrouvent même à faire la cour à la dame ensemble, l’un en face d’elle, l’un à gauche, l’autre à droite. Elle jette un œil passionné à Geoffroy, frôle la main d’Elie et presse le pied de Savary avec le sien. Puis tous trois se retirent, pensant être l’heureux élu... que nenni, les copains !

Alors qu’ils se retrouvent, les deux frères causant de ce qu’il s’est passé, Savary comprend le petit jeu de la dame, mais ne dit rien. Il demandera l’avis de deux amis poètes eux aussi, et ce sera l’occasion d’un tenson pour savoir lequel des trois la dame aimait le plus...


Et encore !