Sainte-Catherine-de-Fierbois et la super épée de Jeanne d'Arc

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L'église - ©Peter Potrowl / CC-BY-SA L'église - ©Peter Potrowl / CC-BY-SA
Eglise de Sainte-Catherine-de-Fierbois Eglise paroissiale Jeanne d’Arc

Un bois sauvage, une Pucelle

C’est Charles Martel qui fait construire la première chapelle dédiée à sainte Catherine, en remerciement de sa victoire contre les Sarrasins, dans ce lieu qu’on appelle alors Fierbois, ferus bocus (le « bois sauvage »).

Et le Martel va laisser une petite surprise en remerciement, là, juste derrière l’autel... aaaaah, mais qu’est-ce que c’est ?? Patience, pour le savoir, il faut attendre la venue d’une jeune fille, une célèbre Pucelle... Jeanne d’Arc, oui !

De Lorraine en Touraine

Ladite Pucelle vient de loin : toute pleine de la poussière de la route, sur sa bourrique crottée, elle fatigue un tantinet. Du repos ! Il lui faut du repos. Partie de sa Lorraine natale (de Vaucouleurs) le 23 février 1429, faisant route vers Chinon pour voir le dauphin, Jeanne s’arrête à Sainte-Catherine-de-Fierbois, en pleine Touraine.

Sainte Catherine... chouette, ça ne pouvait pas mieux tomber, se dit la jeune fille. Car Catherine, c’est la fidèle sainte de Jeanne, celle qui lui a parlé de sa mission, celle qui l’accompagne partout où elle va. Une vraie amie ! La sainte des jeunes filles, aussi, et la patronne des soldats et des captifs. Jeanne va pouvoir prier comme une folle, en plus : on dit que les supposées reliques de la sainte se trouvent ici...

L’épée ultime de Jeanne !

A la recherche de l'épée perdue

La Pucelle reste 3 jours à Fierbois, du 4 au 6 mars 1429. Accueillie dans l’hospice construit en 1400 par le célèbre maréchal de France Boucicaut pour les pèlerins sur la route de Compostelle, elle y écrit une lettre au dauphin un soir, qui dit : « J’ai fait 150 lieues pour venir jusqu’à vous, et j’ai bien des choses excellentes à vous révéler. »

Mais pour le moment, Jeanne a besoin de repos : dans quelques jours, elle ira arracher Orléans aux mains des Anglais... Avant ça, elle passera par Tours, pour qu’on lui fabrique son armure. Mais quid de son arme ? Son épée ? C’est pratique, pour se battre...

Robert de Baudricourt, à Vaucouleurs, lui en avait donné une grossière, idem pour le dauphin qui lui en avait fait livrer une. Mais ça ne lui va pas... Jeanne tire la tronche : elle refuse de les porter ! Ses voix lui ont murmuré des choses, entre temps... qu’elle doit récupérer une célèbre épée, cachée quelque part à Fierbois.

Pis pas l’épée du premier péon venu ! Celle de Charles Martel, qui était venu se battre ici en 732 contre le reste des troupes sarrasines, après sa victoire à Poitiers. Il l’avait laissée derrière l’autel, en remerciement à sainte Catherine pour sa victoire...

Mon précieux...

Jeanne fait envoyer un messager à Sainte-Catherine-de-Fierbois, à la recherche de l’épée... ben, les voix avaient raison ! Car le messager la trouve, l’épée. Mais elle est toute rouillée !

Jeanne n’aura qu’à la frotter un peu et elle retrouvera tout son brillant... avant que sa manche ne fasse apparaître 5 croix sur la lame rutilante. Les gens de Tours lui offriront un étui doré brodé, mais elle refusera : trop classe pour elle ! Elle se fabrique son propre étui rustique en cuir renforcé...

En tout cas, l’épée suit Jeanne dans tous ses combats : presque tous ! La Pucelle la brisera sur le dos d’une gourgandine à Gien... Oulà, un mauvais présage pour la suite.


Et encore !