Rongée par un cancer du sein, Anne d'Autriche agonise au Val-de-Grâce

Vinaigrette 0
Anne d'Autriche, d'après un portrait de P. de Champaigne - ©the lost gallery / CC-BY Anne d'Autriche, d'après un portrait de P. de Champaigne - ©the lost gallery / CC-BY
Eglise du Val-de-Grâce de Paris Abbatiale Anne d'Autriche

Anne d’Autriche, la fondatrice du Val-de-Grâce ? Oh, plus que ça : le cœur, l’âme !

La reine de France a tant aimé l’abbaye. Tant aimé son tout petit logis perdu au milieu des cellules des bonnes sœurs, où elle venait pour échapper aux pressions de la cour, à la surveillance continuelle. A cette fichue étiquette...

Loin de son Louis XIII de mari qui a mis 23 ans à lui faire un môme (voui, le futur Louis XIV)...

Anne veut mourir dans son abbaye. Oui, car nous voilà rendus en 1664. Anne a 63 ans.

Elle sait qu’elle va mourir.

Un cancer du sein la ronge depuis un moment déjà. Imaginez : la pauvre a dû endurer des souffrances extrêmes pendant plusieurs mois.

Un calvaire inhumain

Les détails vus dans les Mémoires de Mme de Motteville sont horribles : le cancer, au tout début, n’est qu’« une petite glande au sein ». Qui devient vite un « mal sans remède ».

Anne a bientôt un érysipèle sur tout le bras et l’épaule : une infection de la peau due à une bactérie... Causée par quoi ? Par un onguent à base d’arsenic préparé par un charlatan ! Hé, tous les toubibs se révèlent impuissants face à la maladie.

Du coup, tout se boursoufle atrocement. La peau devient brûlante. Il faut un matin lui couper les manches de sa chemise pour la lui enlever ! Le moindre contact d’un tissu sur sa peau devient insupportable...

Atroce. Les toubibs percent. Charcutent les plaies qui se forment. Tous les jours.

Non mais, vous vous rendez compte ?! C’est juste un calvaire inhumain !

Mourir au Val-de-Grâce... à moins que ?

Mais c’est la fin... On est en janvier 1666.

Anne demande à se rendre au Val-de-Grâce pour la dernière fois. Pour y entendre la messe et y mourir. Bon, la messe, on veut bien. Mais pas la mort. L’étiquette (encore elle) dit qu’une reine de France doit mourir à la cour, au Louvre, et nulle part ailleurs.

On lui colle un emplâtre à la ciguë fait à la va-vite sur sa plaie noirâtre, bouffée par une gangrène galopante. Et hop, on la jette dans une voiture à cheval, direction le Louvre. Brinquebalée dans tous les sens, à moitié morte, des plaies suintantes sur tout le haut du corps...

L'horreur. Anne meurt peu après.

En ayant laissé derrière elle son cher Val-de-Grâce qu’elle ne reverra jamais plus. Jamais.


Et encore !