Qui se cache derrière l'Homme de la Roche, à Lyon ?

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La statue - ©Basilio / CC-BY-SA La statue - ©Basilio / CC-BY-SA
Statue de l'homme de la Roche Statue

Notre homme de la Roche s'appelle en fait Jean (Johann) Kléberger. Son effigie se trouve dans une petite grotte cachée par la végétation, creusée dans le rocher de Thunes, sur l'ancien quai Bourgneuf (actuel quai Pierre-Scise). Légende ou réalité, l'homme de la Roche ?

Un riche marchand allemand


A Lyon, au galop !


Réalité, apparemment ! Johann est originaire de Nuremberg, où il naît en 1485 de parents riches marchands. Il épouse Felicitas Pirkheimer, la fille du personnage le plus influent de Nuremberg, ami du peintre Dürer et conseiller de Charles-Quint.

Peu de temps après avoir perdu sa femme (on soupçonne un moment notre Allemand d'empoisonnement), il part s'installer à Lyon, en tant que drapier, vers 1530 : Lyon, à l'époque, considérée comme LA ville la plus importante pour le commerce du drap, dans toute l'Europe ! The place to be, comme dirait l'autre...

Le bon Allemand bon avec le roi !


Là, Johann se remarie avec Pelonne de Bonzin, surnommée « la belle Allemande ». Oh mais, il était déjà venu à Lyon, vers 1517, pour affaire : là dit-on, il sert François Ier, il guerroie même à ses côtés à Pavie ! On finit par le surnommer le « bon Allemand ».

Ah ça il est très riche, Johann, mais aussi très généreux : en plus de sa charge d'échevin de la ville, il fonde l'hospice de l'Aumône Générale, dont il s'occupe activement de son vivant et à qui il lègue presque tous ses biens à sa mort, en 1546. Il prête même de l'argent à François Ier... qui le remercie en le nommant « valet de chambre » !

La statue actuelle, par Bonnaire, date de 1849. Son ancienne effigie, plusieurs fois changée, le représentait en romain, avec armure, casque et lance. Une statue en bois vraisemblablement polychrome.


Et encore !