Quand Thibaud le Tricheur grillait son ennemi au château de Châteaudun

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Le château - ©Selbymay / CC-BY-SA Le château - ©Selbymay / CC-BY-SA
Château de Châteaudun Château

Ce tricheur de Thibaud passe sa vie à faire la guerre à ses voisins, le roi de France comme le duc de Normandie.

Passe sa vie à se faire des ennemis, aussi. Comme Sulpice d'Amboise. Qui ne va pas tarder à connaître le gril !

Une anecdote qui se passe dans la partie la plus ancienne du château de Châteaudun : son donjon !

Thibaud le tricheur

Thibaud Ier de Blois, comte de Chartres et vicomte de Châteaudun, fait construire le tout premier château de Châteaudun, au Xe s.

Il n'en reste aujourd’hui que le donjon !

Sombre personnage, ce Thibaud.

Il a laissé le souvenir, notamment à Chambord, d'un fantôme inquiétant rodant autour du château et de ses bois, à la tête d'une chasse maudite, les soirs de pleine lune... Brrr...

Il a aussi laissé pour l’éternité le surnom pas très reluisant de Tricheur : quand Thibaud veut quelque chose, tous les moyens sont bons, vous voyez ce que je veux dire ?

Rivalités entre seigneurs

Le sang monte vite à la trogne de Thibaud, qui un jour, finit par enlever son voisin, le seigneur de Chaumont-sur-Loire Sulpice II.

Et puis, avec toute sa famille, hein, sa femme et ses deux fils ! Il les enferme sans ménagement dans son donjon de Châteaudun.

Vous vous demandez ce qu'il s'est passé ?

Sulpice, à Chaumont, était vassal du comte de Blois Thibaud : mais allez savoir pourquoi, il narguait sans arrêt son suzerain.

Pire, ce couillon de Sulpice n’avait pas voulu se plier devant Thibaud en lui rendant hommage, ni lui donner son château de Chaumont...

On ne rigole pas avec l'autorité, à l'époque : la sentence va faire très mal !

Le supplice de Sulpice

La colère de Thibaud va se déchaîner : il va torturer le pauvre Sulpice, lentement, très lentement... au moyen de la catasta : le « gril » !

Un sympathique supplice qu’on connaissait déjà au temps des premiers martyrs chrétiens : on allonge la victime sur un lit de fer, au-dessus de braises bien chaudes.

La personne n’avait plus qu’à rôtir à tout petit feu. Et elle ne mourrait pas, noooon, pensez-vous...

On l’enlevait juste avant qu’elle ne perde connaissance de douleur, pour recommencer le gril le lendemain, et le surlendemain ! Raffiné, non ?

Le pauvre Sulpice finit par mourir un jour d’été 1153, mais ne cédera jamais Chaumont...

Thibaud refuse qu'on l’enterre religieusement près des siens.

Il fait pendre le corps à une potence, l’oublie, jusqu’à le faire détacher pour lui donner une sépulture digne de ce nom...

N.B. : une histoire vue dans Châteaux historique de la Loire, Chaumont de Jules Loiseleur (1858) !


Et encore !