Quand Nostradamus débarque à l'Empéri...

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Nostradamus - ©Internet Archive Book Images / Public domain Nostradamus - ©Internet Archive Book Images / Public domain
Château de l'Empéri Château Festivités Nostradamus Catherine de Médicis Charles IX

L'horoscope du jour


Mais au fait, saviez-vous que le célèbre astrologue Michel de Nostre-Dame, alias Nostradamus, a vécu à Salon ? En 1536, il reçoit le roi Charles IX et sa mère Catherine de Médicis en grande pompe, dans une des salles du château...

Il faut dire que depuis que la reine lui avait demandé de lui tirer l'horoscope de ses 3 fils, et que notre astrologue lui avait prédit que tous porteraient un jour la couronne... sa renommée n'a fait que monter en flèche ! Prédiction qui s'est vérifiée, en plus ! Puisque François II, Charles IX et Henri III régneront effectivement bien.

Au bûcher, le sorcier


Rebelote en 1559 : le gratin débarque à l'Empéri. Qui ? Emmanuel-Philibert, le duc de Savoie et sa femme Marguerite (la frangine du roi Henri II). Bien sûr, ils veulent que Nostradamus soit là ! Michel profite de l'occasion pour écrire une devise pour la dame : Sanguine trojano, trajana stirpe creata etregina Cypri, ce qui en bon français veut dire : « De sang troyen, née de souche royale et reine de Chypre (belle comme Vénus, ndlr) ». Flatteur, va !

Mais on dit que pendant cette visite, les villageois manifestent une fois de plus contre Nostradamus, l'accusant de sorcellerie... et finissent même par brûler son effigie sur la place de Salon !

Or et velours


En 1564, Catherine et Charles débarquent de nouveau à Salon. Et voilà comment se déroulent les choses, selon Histoire de Provence d'Augustin Fabre...

Tous les habitants accourent vers le roi, tout vêtu de violet et de cordons d'argent, juché sur un cheval barbe harnaché de velours noir et or. Mais lui les arrête net. Il dit d'un ton sec : « Je suis venu en Provence pour voir une personne. UNE : Nostradamus ».

La foule se calme et Michel apparaît. Il s'écrie à la vue du roi, en latin : Vir magnus bello, nulli pietate secundus, ce qui veut dire : « Quel homme ! Grand à la guerre, ne le cédant à nul autre par la pitié ! » Charles est tout flatté de ce cirage de pompe en règle. Et Michel de maudire la foule, ces Salonais jaloux qui ne l'aimaient pas, « vous voyez, hein, bande d'ingrats... » César Nostradamus écrit qu'ensuite son père escorte le roi à pied :
... avec son bonnet de velours d'une main, et un gros et très beau jonc d'Inde emmanché d'argent de l'autre, jusqu'aux portes du château, et encore dans sa propre chambre, où il entretint fort longuement ce jeune roi et la reine régente sa mère, qui eurent la curiosité de voir sa petite famille.
Le lendemain, Michel vient prédire l'avenir au roi. Il leur dit que le jeune Henri de Navarre régnera bientôt... le futur Henri IV ! Bluffé, Charles IX le nomme médecin du roi et lui laisse une belle pension. Du coup, une fois la cour repartie, les mécréants de Salon avaient changé du tout au tout : on ne jurait que par Nostradamus...


Et encore !