Quand les éxécutions publiques se tenaient place des Prêcheurs

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Fontaine, Louis XV - ©François de Dijon Fontaine, Louis XV - ©François de Dijon
Place des Prêcheurs Rue Quartier Exécution Marquis de Sade Louis Gauffridy Sorcellerie

Sadisme et sorcellerie

La place doit son nom au couvent des Dominicains (les « frères Prêcheurs ») supprimé à la Révolution. Savez-vous que c'est la plus ancienne place d'Aix, créée lorsque le roi René décide de moderniser la ville en 1460 ? C'est aussi l'endroit où se dressait l'échafaud autrefois. Mais, il a dû s'en passer, des choses, alors ! Oh que oui... Voilà les faits les plus marquants :


• Le 12 septembre 1772, le marquis de Sade et son valet Latour se font brûler en effigie sur la place. 3 mois avant, sa partie fine avec des prostituées dans un hôtel de Marseille n'était pas vraiment passé inaperçu... Accusé de « sadisme », le marquis ? Eh oui !

• On a eu aussi l’exécution elle aussi en effigie du marquis d'Entrecasteaux, coupable d'avoir assassiné sa femme, en 1784...

• Et pour finir, l'affaire du curé diabolique des Accoules (Marseille), Louis Gauffridy ! On l'accusa d'avoir ensorcelé une jeune femme du couvent des Ursulines d'Aix, de l'avoir fait participer à des sabbats.

Résultat : il a été supplicié et brûlé sur notre place des Prêcheurs. Mais vous savez quoi ? On raconte que ses cendres, dispersées aux 4 vents, a été une « semence admirable », qui provoqua un vent de délire, d'extase parmi ces dames qui ne se contenaient plus !

La fontaine

Au milieu de la place, une fontaine : réalisée en 1758 par Jean Chastel, c'est un obélisque flanqué de 4 lions, surmonté d'un aigle aux ailes déployées. Dessus, 4 médaillons avec sur chacun une inscription aujourd'hui effacée.

• Voyons le 1er médaillon : Caius Sextius, proconsul romain fondateur de la ville
• le 2nd médaillon, avec le profil de Louis XV
• le 3e avec le futur Louis XVIII, le comte de Provence
• le dernier médaillon représente Charles III, dernier comte de Provence.

Ces portraits avaient été détruits à la Révolution, puis refaits par le sculpteur aixois Sébastien Pesetti.


Et encore !