Petite histoire du pont de la Guillotière

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Le pont - ©Basilio / CC-BY-SA Le pont - ©Basilio / CC-BY-SA
Pont de la Guillotière Pont

Une construction... difficile


A la flotte, les Croisés !


Sa première mention date de 1180. 3 ans plus tard, un frère pontife, Etienne, lance la « fabrique » du pont. Il construit aussi l'hôtel-Dieu et une petite chapelle. Car les moines pontifes se devaient de bâtir des ponts, mais aussi de porter secours à leur prochain et de les accueillir dans leur chapelle.

Notre pont en bois s'écroule en 1190 à cause du poids des troupes de Philippe Auguste et de Richard Cœur-de-Lion, venant de Vézelay, et qui partent en croisade ! Tous les soldats se noient, bien évidement...

Les papes, les archevêques, les évêques, les fidèles, tout le monde donne pour la reconstruction, qui a été trèèès longue. Même Richard, témoin de l'accident, autorise les frères à faire des quêtes pour financer les travaux ! En attendant, pas moyen de faire autrement : on traverse le Rhône en bateau ! Pour la construction, rien de plus simple, on va se servir des pierres romaines près de la colline de Fourvière.

Du beurre dans les épinards ?


Ensuite, en 1309, les frères pontifes cèdent le pont, l’hôpital et tout ce qui en dépend aux moines de l'abbaye d'Hautecombe. Mais les moines jugent la construction trop lourde, trop longue à porter. Hop, ils passent le pont, l’hôpital et les chapelles aux moines de Chassagne, en 1314. Heureusement que ces moines possédaient de grandes forêts, parce qu'on en a englouti, du bois, pour le chantier...

Mais rien n'y fait : en 1334, devant l'incapacité financière des moines de continuer le pont (ils disent eux-mêmes que c’est un « travail sans fin »), les échevins reçoivent la charge du pont et de la chapelle. Mais à cette époque, seules 2 arches en pierre et quelques piles sont construites : on laisse longtemps le pont dans cet état inachevé.

Pourtant Charles V instaure un péage, le pape Clément VII accorde des indulgences à ceux qui contribuent au financement du pont... un peu de beurre dans les épinards, enfin ! Grâce à ces mesures, on a construit la moitié du pont en 1407 !

Une situation désespérante !


Mais une énorme crue du Rhône (300 maisons sont emportées par les eaux) emporte une pile et une arche, la même année. Les travaux durent de 1408 à 1413 : rebelote, on ne peut traverser le fleuve qu'en bateau ! Ces dépenses imprévues assèchent les fonds et arrêtent net le chantier. Désespérés, les échevins écrivent au roi, aux seigneurs les plus puissants, au Pape, pour obtenir de l'aide !

En 1410, leurs plaintes sont entendues : Charles VI les aide enfin. Bon, les crues et les caprices du temps ont tellement de fois endommagé notre pont, que je vous passe les détails. Toujours, toujours, on l'a réparé... surtout au cours des XVIIe et XVIIIe siècles : on comptait alors 20 arches et 19 piles.

Redoute redoutable


Depuis le Moyen-Age, notre pont était défendu par la redoute de la Sentinelle, sorte de tour carrée avec un pont-levis, située sur la 7e arche, l'« Arche de la Trappe ». A un bout du pont, on voyait un bastion flanqué de tours avec à côté une petite chapelle dédiée au Saint-Esprit. On détruit la chapelle en 1773, le bastion et la tour en 1793, pendant le siège de Lyon... Le pont métallique actuel date de 1953 : notre vieux pont n'a pas résisté aux assauts de l’armée allemande, en 1944...


Et encore !